Histoires de commotion cérébrale et d’un peuple fantastique

Voici deux romans jeunesse complètement différents. L’un raconte le parcours d’une jeune athlète aux prises avec une commotion cérébrale, tandis que l’autre s’ancre dans l’histoire de l’Acadie à travers le récit fantastique des Acmaq.

Les Acmaq, tome 2, Les feux follets de Tatamagouche, Diane Carmel Léger

Dans le deuxième tome de la série fantastique Les Acmaq, Benoît, son amie Zoé et sa grand-tante Madeleine alias la Madouesse entreprennent leur grande quête de rassembler ce petit peuple menacé d’extinction qui vit dans les marais des Provinces maritimes. Leur aventure s’annonce périlleuse. Ils sont maintenant les protecteurs de ce peuple qui depuis la Déportation a vécu plusieurs bouleverse­ments. Que se cache-t-il derrière les feux follets? À vous de le découvrir.

Avant d’entreprendre leur mission, le trio aura droit à une leçon d’histoire à l’Académie du Pont couvert. Les trois aventuriers voyage­ront avec les Acmaq dans quelques régions des Maritimes. Ils se rendront dans différents domaines afin d’aller à la rencontre des survivants. Une ombre plane au-dessus des domaines acmaq. La mystérieuse créature ailée des Rochers Hopewell sème à la fois fascination et inquiétude. Parallèlement à leur quête, Benoit et Zoé qui se font toujours intimider à l’école par Éric et Dan, surnommés les Détraqués, réussiront à les déjouer.

L’auteure originaire de Memramcook réussit avec cette série à créer un monde parallèle avec ses propres coutumes, ses règles et ses pouvoirs magiques. C’est certainement la force de ce roman. Les Acmaq sont de petites créatures uniques de la grandeur de lutins dotés de certains pouvoirs magiques. Leurs ancêtres sont à la fois Acadiens et Mi’kmaqs. À la suite de la Déportation, tout comme les Acadiens, ils se sont dispersés. Diane Carmel Léger arrive une fois de plus à transmettre sa passion pour l’histoire de l’Acadie à travers cette série jeunesse bien documentée, dont le troisième tome, Les pèlerins de Grand-Pré, est en chantier. L’idée des Acmaq remonte à un souvenir d’enfance. Le roman comprend aussi quelques illustra­tions de Réjean Roy et une reproduction d’une peinture de Claude Picard.

Si le récit est captivant, il reste qu’il y a quelques longueurs, notamment dans le passage sur la leçon d’histoire donnée par les Acmaq qui est un peu trop didactique. L’auteure jeunesse aguerrie avait remporté le prix Antonine-Maillet-Acadie-Vie 2019 avec le premier tome de la série Les Acmaq, Le secret de la vieille Madouesse. (La Grande Marée, 2019) ♥♥♥½

Commotion, Rosalie Althot

Rarement a-t-on abordé les commotions cérébrales en littérature jeunesse. En s’inspirant de sa propre expérience, la jeune auteure de 17 ans, de Saint-Florence en Gaspésie, Rosalie Althot, raconte l’histoire d’Ashley, une jeune joueuse de soccer américaine qui après avoir reçu un ballon en plein visage, souffre d’une commotion cérébrale. Le coup a été violent pour la gardienne de but. Déterminée à aller au bout de ses rêves, la jeune fille qui grandit au sein d’une famille passionnée par le soccer, son père étant entraîneur de niveau professionnel et sa sœur qui évolue au sein d’une ligue de haut niveau se voit contrainte de prendre une longue pause.

Elle vivra une période trouble aux côtés d’un père très exigeant, froid et peu attentif à ses besoins. Au fur et à mesure que le récit avance, on assiste à la progression de sa maladie, avec ses hauts et ses bas. La fatigue, les troubles de mémoire, de concentration, la douleur, la somnolence, les nausées, les vertiges qui viennent avec la commotion cérébrale. Autant physiquement que moralement, la jeune fille vit une commotion. Peu à peu, elle retrouvera la forme et je vous laisse deviner la fin.

Tout en traversant les aléas de cette maladie, l’auteure nous fait découvrir les coulisses du soccer et sa passion pour ce sport. Cette jeune auteure au talent prometteur qui a remporté le prix jeunesse Jacqueline-Paquet, remis par le Salon des Mots de la Matapédia, nous livre un récit pour adolescents, crédible, captivant, avec beaucoup de candeur. On voit qu’elle connaît bien son sujet. Pas besoin d’être un expert de soccer pour apprécier. Il est aussi question de famille, d’amitiés et d’enjeux liés à l’adolescence. Il manque peut-être un peu de profondeur dans l’écriture, mais ça viendra certainement avec l’expérience. (Éditions de la Francophonie, 2020). ♥♥♥½