The Old Guard: original, progressiste et captivant

Mis à part Daredvil et The Umbrella Academy, Netflix n’a pas la feuille de route la plus reluisante quand vient le temps d’adapter une bande dessinée. Mes attentes envers The Old Guard étaient donc très minces. Heureusement, mes préjugés se sont avérés non fondés!

Le film de Gina Prince-Bythewood – qui réalise ici un premier long métrage commercial – est l’adaptation d’une histoire plutôt obscure du bédéiste Greg Rucka.

Rucka n’a peut-être pas la notoriété de Stan Lee, Frank Miller, Jack Kirby, Mark Millar, Todd McFarlane, Geoff Johns ou Grant Morrison, mais il demeure un des grands créateurs contemporains – comme en font foi ses cinq prix Eisner (les Oscars de la BD).

Le Californien a touché à un paquet de trucs depuis le début de sa carrière, mais il est surtout adulé pour son travail chez DC, notamment avec Batman et Superman.

C’est entre autres lui qui a écrit les séries Gotham Central et Batman: No Man’s Land, deux jalons très importants de l’histoire moderne du Chevalier Noir.

Rucka signe d’ailleurs le scénario de The Old Guard, qui raconte l’histoire de guerriers immortels qui choisissent leurs missions en fonction de leurs valeurs – qui évoluent en fonction des époques.

Dans le film, les guerriers en question, menés par un personnage interprété par Charlize Theron, sont pourchassés par un industriel qui souhaite extirper de leur ADN l’ingrédient à l’origine de leur immortalité.

Une identité propre

Le genre du superhéros se renouvelle plutôt mal au cinéma et à la télévision. Heureusement, des séries comme The Boys et maintenant le film The Old Guard parviennent à innover.

Si l’oeuvre de Prince-Bythewood se démarque, c’est parce qu’elle va plus loin que les scènes d’action léchées, les morales à deux cennes et les vilains unidimensionnels.

Le film mise énormément sur les notions morales et philosophiques reliées à l’immortalité de ses personnages.

Il se démarque également par ses dilemmes éthiques originaux et le riche passé de ses personnages – trop peu exploité, malheureusement.

The Old Guard est aussi très progressiste: les héroïnes sont deux femmes, dont une est Noire, et met en scène deux personnages qui assument merveilleusement leur homosexualité.

Marwan Kenzari et Luca Marinelli, dans des rôles secondaires, sont de plus de réelles révélations.

Je me trompe peut-être, mais je pense qu’un phénomène culturel est né.

(4 étoiles sur 5)

 

Palm Springs: un classique réinventé

Groundhog Day (Le jour de la marmotte). Tout le monde connaît le concept: Bill Murray revit sans cesse le même jour. Palm Springs (Hulu) reprend le principe dans une charmante et désinvolte variation qui expose au grand jour l’incroyable talent de Cristin Milioti.

Nyles (Andy Samberg) est invité au mariage de Tala et Abe. Quand vient le temps de prononcer son discours, la soeur de Tala, Sarah (Milioti) fige. Nyles vient donc à son secours et séduit la foule avec un monologue puissant sur l’amour et la famille.

Tranquillement, Nyles et Sarah tombent sous le charme l’un de l’autre… jusqu’à ce que la jeune femme se réveille AVANT le mariage.

Confuse, elle découvre que, comme Nyles, elle est coincée dans une espèce de boucle temporelle qui la force à constamment revivre la journée du mariage de sa soeur.

Dans le tordeur

Sorti en 1993, Groundhog Day est devenu un des films les plus aimés de l’histoire.

Palm Springs reprend le concept, mais l’élargit, le modifie, l’étire et, à un certain moment, s’en moque même un peu.

Le résultat, même s’il a une légère odeur de déjà-vu, est pour le moins rafraîchissant.

À l’instar de l’oeuvre de 1993, le film du nouveau venu Max Barbakow est empreint d’une aura philosophique importante.

Si, dans Groundhog Day, le personnage interprété par Bill Murray devait devenir une meilleure personne afin de sans cesse revivre la même journée, dans Palm Springs, le concept est poussé encore plus loin – et présente un certain parallèle avec un autre classique: Eternal Sunshine of the Spotless Mind (2004).

Nyles et Sarah doivent plutôt essayer de trouver un sens à une vie qui n’en a absolument pas.

Comment se motiver à se lever le matin quand on sait que tout ce qu’on va accomplir sera effacé le lendemain?

Impressionnants

En raison de la légèreté de son ton et son humour assez intelligent, Palm Springs est une excellente comédie estivale qui s’apprécie comme un bon thé glacé par temps chaud.

Le jeu des comédiens y est pour quelque chose. Milioti, pour une, est brillante. Celle qu’on a pu voir dans How I Met Your Mother joue ici dans un premier film d’importante et passe par toute la gamme des émotions avec une facilité déconcertante.

Samberg m’a surpris alors qu’il se tient loin de l’humour un peu prépubère de son personnage de Jack Peralta, dans Brooklyn 99.

En prime, le monument qu’est J.K. Simmons interprète un personnage passif agressif totalement tordant et disjoncté.

Difficile de trouver mieux comme petit divertissement estival.

(Quatre étoiles sur cinq)