Empowerment (prise 2)

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick semble avoir grossièrement surestimé le besoin d’«empowerment» des élus provinciaux. C’est du moins ce que nous permet de croire un récent reportage de la CBC.

Plus tôt ce mois-ci, le diffuseur public a révélé que la majorité des députés n’ont pas dépensé la totalité des 50 000$ qui leur avaient été accordés par le gouvernement pour financer des projets communautaires dans leur circonscription. Six députés, dont quatre ministres, ont dépensé moins d’un cinquième des fonds qui leur ont été alloués. Pire encore, deux élus, dont le ministre des Finances, Ernie Steeves, n’ont pas dépensé un sou!

Il faut admettre que le Fonds d’investissement communautaire, une création du gouvernement du premier ministre Blaine Higgs, est une drôle de bibitte. En général, ce genre de décisions concernant l’attribution des fonds dans le cadre d’un programme sont laissées aux professionnels de la fonction publique afin d’éviter les risques de conflits d’intérêt ou de clientélisme chez les politiciens.

Les progressistes-conservateurs ont cependant cru bon de créer ce programme pour conférer aux députés le pouvoir d’agir et de faire une plus grande différence dans leurs circonscriptions (to empower les élus, dit-on en anglais).

Les bleus ont d’ailleurs utilisé la même logique pour motiver leur décision de réinstaurer l’intervention directe des députés dans l’attribution des subventions de stage d’été pour les étudiants de leurs circonscriptions.

En ce qui concerne le Fonds d’investissement communautaire, le gouvernement était probablement loin de se douter qu’autant de députés, dont de nombreux ministres, laisseraient autant d’argent sur la table. On peut certainement se réjouir que certains de nos élus n’aient pas souhaité jouer au père Noël en distribuant eux même des cadeaux aux quatre coins de leurs communautés. Espérons que cet échec servira de leçon au gouvernement qui laissera à l’avenir le soin aux fonctionnaires de prendre ce genre de décision. Après tout, ce n’est certainement pas les projets communautaires en attente de financement qui manque dans nos régions.