La force collective

Voilà des jours que je me creuse la tête pour trouver quelque chose de positif à partager avec vous. Ce n’est pas facile tant il me semble que nous sommes assiégés de partout: par le virus et ceux et celles qui ne le prennent pas au sérieux, par les élucubrations du clown de la Maison-Blanche et la mort de milliers d’Américains, par les difficultés économiques, la terre qui s’échauffe partout, sauf à Saint-Jean de Terre-Neuve! Je m’arrête là, la liste est trop longue.

Dans notre région, le seule élément positif ces jours-ci, est la décision de la Nouvelle-Écosse et d’Ottawa de tenir une commission d’enquête publique sur «la tuerie de Portapique» qui a fait 22 victimes. Soit, le positif est tout à fait relatif quand on considère le massacre et que les deux paliers de gouvernement se sont fait tirer l’oreille pour accepter cette commission. En fait, ils auraient de beaucoup préféré une enquête interne, à huis clos, dont ils auraient eu simplement à communiquer les conclusions.

Non, le positif c’est que les familles des victimes voulaient une commission d’enquête et que la communauté néo-écossaise dans son ensemble a fait front commun avec elles. Il y a là une leçon de civisme pour nous toutes et tous et une leçon politique pour ceux et celles qui exercent le pouvoir.

La première leçon, c’est l’impact d’une protestation unie, bien menée et venant de la base: «Ne doutez jamais qu’un petit groupe de personnes peuvent changer le monde. En fait, c’est toujours ainsi que le monde a changé», écrivait Margaret Mead. C’est bon de s’en souvenir, surtout quand on se sent emporté par le tsunami de l’Histoire.

La leçon politique, elle, c’est l’importance d’écouter ses concitoyens. Si Ottawa et Halifax avaient vraiment écouté ils auraient d’emblée accepté de mettre sur pied cette commission d’enquête et tout le monde aurait gagné au change. Mais non, encore une fois, il a fallu leur tirer l’oreille.