Redonner du poids à la participation citoyenne au N.-B.

La période pandémique que nous vivons peut nous laisser une impression de perdre une partie de nos libertés individuelles. Le déconfinement progressif semble être une période idéale pour trouver des méthodes destinées à écouter les perceptions des uns et des autres et obtenir davantage l’avis de la population. Pour faciliter cette participation citoyenne, il existe des laboratoires vivants.

Inventés à la fin des années 1990 par l’Institut de Technologie du Massachusetts (MIT), les laboratoires vivants, que l’on nomme aussi laboratoires citoyen ou living labs, se sont développés en Europe dans les années 2000. Au Canada, ils ont pris de l’ampleur depuis une dizaine d’années.

Il en existe aujourd’hui plus de 370 dans une quarantaine de pays à travers le monde et ce nombre tend à croître régulièrement.

Un laboratoire vivant est une méthode de concertation permettant d’offrir à un projet des propositions de solutions émanant des usagers eux-mêmes. Ce type de processus a comme avantage de solliciter toutes les formes d’intelligence présentes sur le territoire concerné. Il peut s’agir aussi bien de connaissances d’experts, de techniciens, comme de savoirs profanes. Il oriente sa réflexion non pas exclusivement sur les compétences, mais davantage sur les besoins de ceux qu’ils servent puisque les projets sont portés par les personnes les plus concernées. La méthode part, en effet, du principe que tous les points de vue sont acceptables et doivent être pris en compte sur un même pied d’égalité.

En somme, le laboratoire vivant est un lieu de rencontres et d’échanges avec comme objectif premier de développer un projet commun et à mieux-vivre ensemble. Ces mélanges communautaires stimulent, alors, la diversité, l’originalité et la créativité des solutions trouvées.

Ce type de méthode peut aussi bien décider d’un plan d’action préventif pour éviter une situation problématique, ou alors trouver des solutions destinées à résoudre un problème déjà présent. Par exemple, un laboratoire vivant peut encadrer une réflexion autour de la revitalisation d’un quartier, le réaménagement d’une rue, la création d’un nouvel espace public, ou la reconversion d’un édifice inusité en lui offrant une nouvelle vocation. Il peut aider à chercher des solutions pour sortir d’une problématique abordant le sentiment d’insécurité dans un quartier, la relance économique d’un territoire ou la revitalisation urbaine notamment.

Au Nouveau-Brunswick, il existe quelques initiatives ayant utilisé un laboratoire vivant pour trouver une solution, mais elles sont peu nombreuses pour le moment encore. Nous pourrions imaginer de mener une réflexion sur l’amélioration de la qualité de vie des personnes âgées dans les centres d’hébergement de la province ou sur l’augmentation du nombre de garderies pouvant accueillir des enfants dans de bonnes conditions, par exemple.

La COVID-19, le confinement et la privation partielle du droit d’aller et venir pourraient, à moyen et long terme, laisser des séquelles. Il semble indispensable d’humaniser les prises de décisions en encourageant les initiatives populaires au travers de la démocratie participative. Les laboratoires vivants pourraient encourager la (re)prise en main par les citoyens de leur destinée.