Blaine Higgs, bully en chef

On ne pourra pas reprocher à Blaine Higgs de ne pas être audacieux. De l’audace, il en a à revendre ces derniers temps.

La semaine passée, il a proposé aux partis d’opposition de s’engager à ne pas faire tomber son gouvernement avant octobre 2022 (ou la fin de la pandémie au Canada).

En échange, il leur a offert d’inclure certaines de leurs priorités dans son agenda. Il a cependant menacé de déclencher des élections hâtives si un accord n’était pas conclu rapidement.

Sans surprise, les libéraux ont été les premiers à rompre les négos. Dotés du même nombre de sièges que les bleus, ils avaient le plus à perdre en jouant aux moutons pendant deux ans.

Quant au Parti vert et à la People’s Alliance, ils étaient encore prêts à négocier. Avec leurs six sièges combinés, ils auraient pu trouver un terrain d’entente avec le premier ministre et lui permettre de gouverner pendant un bon bout sans devoir constamment regarder derrière lui.

Mais ce compromis n’était pas assez bon pour lui. C’était tout ou rien pour ce politicien qui se comporte comme un bully de cour d’école alors qu’il n’a même pas remporté le vote populaire en 2018.

Il faudra s’en rappeler s’il décide de déclencher des élections provinciales hâtives et qu’il essaie de nous faire croire que les libéraux ne lui ont donné d’autre choix que de convoquer les électeurs aux urnes en pleine pandémie.

Il avait un autre choix. En fait, il avait plusieurs choix.

Il aurait pu poursuivre les négos avec les verts et les alliancistes. Il aurait aussi pu accepter l’offre des libéraux de ne pas faire tomber son gouvernement avant le 31 mars 2021. Il aurait aussi pu faire cavalier seul et tenter sa chance lors des trois partielles prévues cet automne.

Si jamais Blaine Higgs joue le tout pour le tout et qu’il perd le pouvoir, cela servira de leçon pour les politiciens qui viendront après lui.

Parfois, à trop vouloir s’approcher du soleil, on finit par brûler ses ailes.