Une majorité ou rien pour M. Higgs

Fidèle à ses habitudes, Blaine Higgs a été d’une honnêteté brutale cette semaine lorsqu’un journaliste lui a demandé s’il resterait à la tête de son parti et du gouvernement si les électeurs lui accordent à nouveau un mandat minoritaire.

La réponse la plus habile sur le plan politique aurait été un simple «oui, absolument», mais ça serait bien mal connaître notre premier ministre.

«Ce n’est pas une décision que je vais prendre aujourd’hui», a-t-il répondu. «Si les citoyens de la province optent pour la même situation que celle dans laquelle nous nous trouvons maintenant, j’aurai une décision à prendre», a-t-il dit, laissant la porte grande ouverte à la possibilité de laisser sa place à un autre au lieu de diriger un second gouvernement minoritaire.

Il est tout à fait possible que M. Higgs n’ait tout simplement pas envie de se retrouver à nouveau à la tête d’un gouvernement minoritaire. Après tout, la tâche est sûrement un casse-tête très ingrat et pas du tout reposant. De plus, M. Higgs s’est lancé en politique pour effectuer le genre de changements profonds qu’il est à peu près impossible de faire sans une solide majorité à l’Assemblée législative.

Il est aussi probable que M. Higgs soit suffisamment lucide pour savoir qu’on ne lui permettra peut-être pas de demeurer en poste s’il remporte autre chose qu’une majorité des sièges. Les partis n’ont pas l’habitude d’être très patients avec leur chef lorsqu’ils n’obtiennent pas le succès qu’on attend d’eux dans les urnes. C’est d’autant plus vrai quand la majorité des membres du caucus s’était rangée derrière un autre candidat durant la course au leadership. Si le premier ministre ne remporte pas de majorité cette fois-ci, ce sera sûrement parce qu’il n’aura encore pas su gagner de sièges dans le Nord et chez les francophones. Les membres du parti pourraient alors vouloir chercher un chef susceptible de plaire à l’ensemble de l’électorat et pas seulement aux deux tiers.