Et si Blaine Higgs gagnait grâce aux anciens mauves?

Le possible effondrement des appuis de la People’s Alliance à l’échelle provinciale sera-t-il la clé du succès pour Blaine Higgs?

C’est l’un des scénarios auxquels je réfléchis ces jours-ci.

Dans le plus récent sondage de Narrative Research, effectué en mai, le parti de Kris Austin ne pouvait compter que sur 3% des appuis. C’est quatre fois moins que le pourcentage de votes qu’il a récoltés lors des élections de 2018.

S’il se pète la gueule et qu’une bonne partie des gens qui l’ont appuyé la dernière fois votent pour le Parti PC, cela pourrait avoir un impact énorme.

Dans quatre circonscriptions remportées par les libéraux en 2018, la People’s Alliance a récolté plus de votes que l’écart séparant le Parti libéral du Parti PC.

On peut donc se demander si la popularité de l’Alliance n’a pas coûté certains de ces sièges à Blaine Higgs. Ce n’est pas banal, parce qu’il ne lui manquait que quatre députés pour avoir la majorité à l’Assemblée législative.

Je mettrais ma main au feu que les progressistes-conservateurs s’en souviennent et qu’ils veulent éviter cela à tout prix.

C’est peut-être ce qui explique pourquoi, la semaine dernière, Blaine Higgs n’a pas fermé la porte à la proposition de l’Alliance de revoir à la baisse les exigences en matière de bilinguisme dans la fonction publique.

Ce n’est pas un secret que le premier ministre pourrait gagner gros en unissant la droite, comme l’avait fait Bernard Lord à la fin des années 1990 en ramenant au bercail de nombreux membres du parti Confederation of Regions sans pour autant effaroucher l’électorat francophone.

Cela dit, rien ne garantit qu’il pourra réaliser ce tour de force. Il a presque été blanchi dans le Nord et dans les circonscriptions francophones en 2018. Et son parcours depuis qu’il est au pouvoir – qui comprend plusieurs décisions impopulaires dans ces régions – risque de ne pas l’aider à se rattraper cette fois-ci.