Lutter contre l’isolement en fréquentant davantage les espaces communautaires

L’été touche peu à peu à sa fin et une partie de la population va de nouveau devoir être confrontée au travail à domicile. Les questions du risque d’isolement et de l’inquiétude de la désocialisation des télétravailleurs, sur le long terme, va donc redevenir d’actualité.

Si chacun d’entre eux travaille à son domicile, qu’en sera-t-il alors des rencontres humaines qui sont tout aussi essentielles dans une pratique professionnelle, comme dans la vie? Les réunions virtuelles entre collègues notamment pourraient ne pas suffire.

Pour éviter ce possible sentiment de solitude, il existe des initiatives au sein des provinces maritimes qui méritent d’être mises en valeur. Parmi celles-ci, il est possible de mentionner les bibliothèques publiques du Nouveau-Brunswick qui jouent un rôle non négligeable sur le plan de la socialisation.

De prime abord, on pourrait associer le rôle de ces lieux à une exclusive prestation de services dévolue à toute bibliothèque, à savoir la possibilité d’emprunter des ouvrages, d’accéder à la connaissance et de travailler dans un lieu calme. Mais en plus de cela, les bibliothèques publiques possèdent aussi une fonction d’aide et d’accompagnement de la population. Il s’agit aussi d’un lieu de socialisation où plusieurs catégories de personnes peuvent se rencontrer, quels que soient leur nationalité, leur culture, leur niveau d’instruction, leur statut social ou leur âge. La vocation devient, alors, aussi celle de servir la communauté.

Or, en cette période incertaine où chacun redoute un nouveau confinement et ignore le moment où la vie normale pourra réapparaître, ces lieux peuvent devenir cruciaux. Si l’on prend l’exemple de la bibliothèque publique de Moncton, les bibliothécaires y accomplissent de multiples tâches telles qu’organiser des activités pour les enfants de tout âge, des ateliers de conceptions et de fabrications ouverts à tous, et même développer une offre d’activités en plusieurs langues (en plus du français et de l’anglais) pour permettre à une population allophone de nouveaux arrivants (Russes, Ukrainiens, Chinois…) de bénéficier des mêmes prestations et ainsi, de se sentir membres à part entière de la population monctonienne.

À ces activités d’apprentissage et de socialisation, s’ajoute, au deuxième étage de la bibliothèque, la présence d’un laboratoire de fabrication mis en place en 2015, et que de nombreuses personnes utilisent aussi bien pour y faire de la couture, que l’élaboration d’outils informatiques ou bien encore des objets en utilisant l’imprimante 3D.

Ce laboratoire est aussi bien fréquenté par des itinérants désireux de recoudre leurs vêtements que par des adolescents intéressés par l’usage des outils en présence, ou par des personnes hautement qualifiées souhaitant élaborer un logiciel informatique ou utiliser le poste informatique iMac à disposition.

La bibliothèque publique possède, alors, une utilité sociale qui favorise la mixité sociale en permettant une rencontre entre les différents habitants du territoire. Cette socialisation et l’organisation de rencontres vont se montrer de plus en plus indispensables pour permettre à la population de réapprendre à vivre ensemble après une période trouble où pour être solidaire, il fallait se montrer solitaire.