C’est l’heure du sprint pour Kevin Vickers

L’équipe de campagne de Kevin Vickers aime bien publier des photos de lui en train de faire son jogging matinal avec ses candidats sur les médias sociaux. Il vaudrait cependant mieux pour le chef du Parti libéral que son marathon électoral se transforme très rapidement en sprint.

Selon le sondage Léger/Acadie Nouvelle publié ce matin, le chef du Parti libéral doit à tout prix prendre de la vitesse s’il souhaite avoir une véritable chance de dépasser Blaine Higgs le 14 septembre. Pour le moment, les libéraux semblent gagner lentement du terrain, ce qui est nettement insuffisant à deux semaines des élections.

Au Nouveau-Brunswick, c’est bien connu, on ne vote généralement pas pour un nouveau gouvernement autant que contre l’ancien. Malheureusement pour M. Vickers, la grogne contre M. Higgs, même celle suscitée par la réforme avortée des hôpitaux ruraux, n’est pas véritablement au rendez-vous. Il devra donc plutôt convaincre l’électorat que son offre est meilleure que celle de son opposant. Pour l’instant, toutefois, l’offre libérale est plutôt fade et confuse.

La seule bonne nouvelle pour M. Vickers dans le sondage de ce matin, c’est que l’immense majorité de ceux qui pensent voter pour le Parti vert et le Nouveau Parti démocratique pourraient encore changer d’idée. Le Parti libéral pourrait donc pivoter vers la gauche pour tenter de convaincre les électeurs les plus progressistes de le rejoindre. La promesse de M. Vickers de financer les avortements chirurgicaux à l’extérieur des hôpitaux est d’ailleurs un bon pas dans cette direction. À l’opposé, l’absence d’un plan concret et ambitieux pour lutter contre les changements climatiques, comme une véritable tarification du carbone, pourrait nuire à ces efforts de séduction.

Les libéraux pourraient aussi avoir recours à la peur en brandissant la menace d’un gouvernement progressiste-conservateur majoritaire au visage des électeurs de gauche. Attendez-vous donc à entendre de nombreux plaidoyers pour le vote stratégique en provenance de la caravane rouge d’ici au jour du scrutin.