Blaine Higgs et les francos, c’est peine perdue

Blaine Higgs peine à se tailler une place dans le coeur des francophones.

Ça fait longtemps qu’on le dit. Les résultats du sondage Léger/Acadie Nouvelle, publiés dans notre édition de samedi, le confirment.

Seulement 28% des répondants francophones ont l’intention de voter pour le Parti progressiste-conservateur (contre 45% chez le reste des répondants).

Le taux de satisfaction à l’égard du gouvernement Higgs n’est que de 33% chez les francos, tandis qu’il est de 69% chez le reste des répondants.

La bonne nouvelle pour les bleus, c’est que la situation s’est améliorée depuis 2018. Seulement 14% des francophones avaient l’intention de voter pour le PPC deux semaines avant les dernières élections, selon un sondage de la firme Léger publié à l’époque.

Cela dit, vingt-huit pour cent, ce n’est pas un score à tout casser. Blaine Higgs a encore des croûtes à manger.

Ce qui est étonnant, c’est qu’il ne semble toujours pas saisir qu’il doit changer quelque chose s’il veut remporter des circonscriptions du Nord et de la côte est.

Pendant ce temps, ses candidats dans ces régions se débattent du mieux qu’ils le peuvent. Ils se portent garants de leur chef et disent qu’il ne faut pas s’inquiéter.

Ils affirment aussi que leur parti remportera un mandat majoritaire et qu’il faut absolument que des francophones soient à la table.

Le problème avec cet argument, c’est qu’il peut être interprété comme un aveu que Blaine Higgs risque de faire de grosses conneries si des francophones ne sont pas là pour lui dire «wô minute».

On a déjà vu mieux comme pitch de vente. En politique comme au hockey, ce n’est pas en jouant sur la défensive que l’on compte des buts.

C’est dommage pour ses candidats, mais il est probablement déjà trop tard. Blaine Higgs est un vieux routier. Ce n’est pas à deux semaines des élections qu’il va soudainement changer d’approche.

La prochaine fois que les bleus se chercheront un nouveau chef, ils devront peut-être réfléchir à tout ça.

Surtout s’ils veulent éventuellement former des gouvernements majoritaires avec plusieurs francophones à la table, comme l’ont fait Richard Hatfield, Bernard Lord et David Alward.