Voter du côté du pouvoir

Si les derniers sondages s’avèrent exacts, Blaine Higgs s’apprête à mener son parti à la victoire le 14 septembre. La formation d’un gouvernement majoritaire serait même à la portée des progressistes-conservateurs. Dans ces circonstances l’effet bandwagon, qui incite certains à se ranger avec les gagnants, pourrait-il amener des électeurs francophones à voter malgré tout pour les progressistes-conservateurs dirigés par Blaine Higgs?

On sait que lors des élections de 2018, les progressistes-conservateurs ont pu remporter la victoire que dans une seule des 16 circonscriptions à majorité francophone soit Shippagan-Lamèque-Miscou. Cette circonscription est actuellement représentée par un député indépendant depuis que Robert Gauvin à claquer la porte du caucus progressiste-conservateur.

Les circonscriptions majoritaires francophones suivantes sont à surveiller car certaines d’elles ont voté dans le passé tour à tour pour les libéraux et les progressistes-conservateurs. Il ne s’agit en aucun cas de châteaux forts pour les deux partis traditionnels. Les électeurs de ces circonscriptions aiment bien être représentés par un député qui siège à la table du conseil des ministres.

Madawaska-les-lacs-Edmundston – Cette circonscription qui ne comptait pas au départ une partie de la ville d’Edmundston a été détenue par les progressistes-conservateurs de 1974 à 1987. Elle est passée aux libéraux de 1987 à 1995 pour ensuite revenir aux progressistes-conservateurs de 1995 à 2014. C’est la libérale Francine Landry qui représente Madawaska-les-lacs-Edmundston depuis 2014. Les députés qui ont représenté cette circonscription à Fredericton ont presque tous siégé au conseil des ministres.

Victoria-la-Vallée – C’est également une circonscription qui a élu des députés libéraux et progressistes-conservateurs. Elle oscille depuis le milieu des années 1990 entre les deux partis traditionnels. Les électeurs de cette circonscription aiment bien avoir son député occuper un fauteuil ministériel.

Shippagan-Lamèque-Miscou – Voilà une autre circonscription majoritaire francophone qui n’a aucun problème à voter pour les libéraux ou les progressistes-conservateurs. Plusieurs de ses députés ont été des ministres puissants à Fredericton et ont été nommés vice-premier ministre. On peut penser notamment à Aldéa Landry et Paul Robichaud. Avec le départ de Robert Gauvin qui se présente aux présentes élections dans la région de Moncton, les électeurs de Shippagan-Lamèque-Miscou voudront-ils encore cette fois-ci voter de manière stratégique?

Tracadie-Sheila – Les électeurs de cette circonscription ne sont dans la poche d’aucun des partis traditionnels. Ils ont élu sans difficulté des libéraux et des progressistes-conservateurs. Tracadie-Sheila a l’habitude d’avoir un des siens autour de la table du conseil des ministres. On peut songer à Denis Losier et Serge Rousselle chez les libéraux et Elvy Robichaud chez les progressistes-conservateurs.

Il ne faudrait pas s’étonner que les candidats progressistes-conservateurs de ces circonscriptions jouent encore cette fois-ci la carte qui consiste à voter du bon bord c’est-à-dire du côté du parti ayant le plus de possibilités de prendre le pouvoir pour former le gouvernement. Blaine Higgs saura-t-il d’ici le 14 septembre amadouer les électeurs francophones de ces circonscriptions stratégiques afin que si son parti remporte une majorité, il pourra avoir une bonne représentation de francophones dans son prochain gouvernement?