Vers une «petite vague verte»?

S’il y a un politicien qui n’est pas du genre à se péter les bretelles ou à déborder d’enthousiasme, c’est bien David Coon.

C’est en quelque sorte sa marque de commerce; il est posé, mesuré et parfois même un peu endormant.

J’ai donc un peu fait le saut, la semaine passée, lorsqu’il a prédit une «petite vague verte dans certaines circonscriptions» le 14 septembre. Il a aussi affirmé qu’il est «très possible» que son parti remporte 10 ou 12 sièges. Rappelons qu’il en avait trois lors du déclenchement des élections.

Je n’aurais peut-être pas dû être surpris par sa confiance, vu que son parti a récolté 13%, 14% et 19% des intentions de vote dans les trois derniers sondages publics.

De plus, le Parti vert – comme les autres formations politiques – commande des sondages privés très ciblés afin de mieux comprendre les enjeux locaux et de mesurer ses appuis dans certaines circonscriptions. Ces données apportent peut-être de l’espoir à son chef.

Une autre chose a de quoi alimenter l’optimisme de David Coon: Kevin Vickers. Le chef libéral n’est pas populaire dans le Sud et ne semble pas du tout en bonne position.

Cela pourrait aider les verts à lutter contre le fameux «vote stratégique» qui leur nuit depuis toujours.

Selon le sondage Léger/Acadie Nouvelle réalisé à la fin août, 71% des gens qui avaient l’intention de voter pour le Parti vert disaient qu’ils allaient peut-être changer d’idée.

Plus ces électeurs percevront Kevin Vickers comme un perdant qui fait du surplace, plus David Coon aura de chances de les convaincre d’aller avec leur premier choix.

Une petite vague verte ne lui donnera pas grand chose si elle ne fait qu’augmenter son score à l’échelle provinciale sans se traduire par des sièges.

Parlez en à Dominic Cardy, qui était chef du NPD lors des élections de 2014. Il avait récolté 13% des voix, mais n’avait pas fait élire le moindre candidat.

Au final, David Coon — comme tous les autres politiciens — veut une place à l’Assemblée, pas un prix de participation.