Les squelettes dans le placard

L’annonce d’une élection surprise le 17 août a présidé à une course effrénée contre la montre afin que les partis politiques nomment des candidats et des candidates dans autant de circonscriptions que possible avant le 28 août, date de clôture des nominations.

Cette semaine, nous avons été témoins des risques de l’allègement du processus de vérification de l’antécédent des candidats dans cette élection hâtive, ayant eu comme résultat une sortie en masse de squelettes du placard.

Par squelettes, je ne parle pas ici des décorations d’Halloween, mais bien de la circulation, généralement sur les réseaux sociaux, de propos offensants de la part de plusieurs candidats.

Les progressistes-conservateurs ont été les premiers à être éclaboussés par cette vague de dénonciations. Leur candidat dans Restigouche-Ouest, Louis Bérubé, aurait tenu des propos

transphobes. Roland Michaud, candidat dans Victoria-La Vallée, avait pour sa part publié

des mèmes à caractère transphobe et sexiste sur sa page Facebook il y a quelques années.

Ceux-ci ont à nouveau circulé sur les réseaux sociaux cette semaine. Alors que Bérubé conserve pour le moment sa place au sein du parti, Michaud a été expulsé lundi. Du côté des libéraux, John Gardner, candidat dans la circonscription de Sainte-Croix, s’est aussi fait montrer la porte par son chef pour avoir tenu des propos homophobes sur Twitter.

Ses propos francophobes n’ont toutefois pas retenu l’attention de Kevin Vickers, si on en croit la dépêche de presse annonçant son expulsion. Le candidat libéral de Saint-Jean-Est, Phil Comeau, aurait aussi tenu des propos francophobes sur Facebook. L’ancien président de l’Association des paramédics du Canada n’a pourtant pas encore été interpellé par son chef à ce sujet. Comme quoi certains squelettes sont plus effrayants que d’autres pour Kevin Vickers.

Enfin, le passé sulfureux du candidat allianciste dans Sainte-Croix, Rod Cumberland, a refait

surface cette semaine. M. Cumberland avait été congédié du Collège de technologie

forestière à l’été 2019, entre autres parce qu’il aurait tenu des propos sexistes et homophobes envers ses étudiants.

Il n’a pas été chassé de son parti pour le moment, contrairement à Heather Collins, candidate allianciste dans Memramcook-Tantramar, qui s’est fait expulser mercredi après que Kris Austin ait eu vent de ses propos islamophobes tweetés l’été dernier.

En gros, un bilan peu reluisant pour la cohorte de candidats de cette année. Ce phénomène des squelettes dans le placard est loin d’être nouveau en politique. Or, il semble s’accélérer depuis les dernières années, notamment grâce aux traces laissées par les candidats sur les réseaux sociaux et récupérées par leurs adversaires politiques.

De toute évidence, le calendrier électoral condensé n’a pas permis aux organisations centrales des partis de faire leurs devoirs, de s’assurer que le passé de tous leurs candidats soit «propre», ou à tout le moins, que leurs réseaux sociaux soient purgés de leurs éléments indésirables.

Il y a là une leçon pour tous les partis politiques sur les risques d’une élection précipitée. Cette leçon doit certainement être plus amère chez les progressistes-conservateurs dans leur quête d’un gouvernement majoritaire, eux qui ont maintenant une circonscription en moins pour y arriver.