A B C

Cette semaine – le 8 septembre pour être exact – on souligne mondialement l’alphabétisation. Et je me suis dit que s’il y a bien un sujet dont personne ne semble plus se préoccuper, c’est bien celui-là. Voilà des années que je n’ai pas entendu ce fléau soulevé dans les discours de qui que ce soit, où que ce soit.

Alors, j’ai décidé d’aller voir où on en est! J’ai consulté plusieurs ressources, dont les données de l’organisme national ABC Alpha pour la vie, et mettons que ce n’est pas rose!

Tout d’abord, le Canada se classe au 11e rang des 23 pays évalués par l’OCDE pour le pourcentage d’adultes disposant de compétences adéquates en littératie. Pas trop brillant, et pour cause: au Canada, 48% des adultes ont de faibles compétences en littératie et, pire, 17% des adultes au pays n’ont même pas les compétences nécessaires pour lire la posologie sur un flacon de médicaments!

Je l’ai souvent dit, les chiffres sont encore pires au Canada atlantique, mais bonne chance pour trouver des statistiques à jour pour nos 4 provinces! Par contre, on sait, de l’aveu même des partis politiques lors de la campagne électorale de 2018, «qu’environ la moitié de la population du Nouveau-Brunswick n’a pas les compétences suffisantes en littératie pour participer activement à la société.»

Comment peut-on espérer se tirer d’affaire face à une pandémie, face aux défis des changements climatiques, face à une économie en plein bouleversement, si la vaste majorité de nos citoyens et citoyennes n’ont pas les outils indispensables pour analyser les situations et faire des choix? Comment lutter contre le désengagement démocratique? Contre la désinformation et les théories complotistes si chacun n’a pas accès librement aux faits?

Et comment pouvons-nous espérer, comme société, comme nation, aller de l’avant et résoudre les complexes problèmes globaux qui nous assaillent quand on n’est même pas capable de donner à tous et à tous les outils de base pour atteindre leur potentiel?