Les médias sociaux ont occupé une place démesurée durant cette élection

Nous saurons ce soir quel parti a gagné les élections provinciales qui prennent fin aujourd’hui. Et, comme en 2018, les résultats pourraient se faire attendre assez tard, selon Élections NB. C’est drôle de voir comment avec le vote électronique les résultats sont tout aussi lents à rentrer qu’avec les votes comptés à la main.

La campagne de 28 jours prend donc fin aujourd’hui et vous rendrez votre verdict au cours des prochaines heures, si ce n’est déjà fait. Vous allez décider quel parti formera le prochain gouvernement, et s’il sera minoritaire ou majoritaire.

Peu importe qui gagnera cette élection, souhaitons que le prochain gouvernement comprendra des députés francophones et du Nord.

Il est important que notre communauté fasse partie du prochain gouvernement, qu’il soit rouge, bleu ou vert.

Le chef du parti qui remportera le plus de sièges et dirigera le prochain gouvernement sera le grand gagnant.

Mais, à mon avis, nous les électeurs, sommes les grands perdants de cette campagne en raison de l’importance démesurée accordée aux médias sociaux pour tenter d’influencer notre vote. Je m’explique.

En raison de la pandémie, les ralliements politiques et le porte-à-porte ont souvent été remplacés par des messages sur Facebook et sur Twitter, ainsi que par l’envoi de courriels.

Nous avons rarement pu regarder les candidats et candidates dans le blanc des yeux afin de discuter avec eux et elles de leurs engagements envers nos communautés et nos familles.

Ayant personnellement fait deux élections comme candidat, je suis convaincu que le contact personnel est la meilleure façon de pouvoir se présenter aux électeurs et de connaître leurs inquiétudes et leurs désirs pour leurs familles et leur communauté.

Les aînés, en particulier, apprécient beaucoup la visite de leurs candidats à leur porte ou dans leur foyer. Plusieurs d’entre eux ne sont pas abonnés à Facebook ou aux autres médias sociaux.

Les reportages et les textes d’analyse dans les médias traditionnels nous permettent évidemment de mieux connaître les candidats et leurs programmes politiques. Mais sans le contact personnel, il nous est impossible de connaître le point de vue des candidats et candidates sur les questions et les dossiers qui nous touchent de près.

Le renvoi de trois candidats par leur chef, pour avoir publié des commentaires jugés anti-LBGT sur Facebook, est aussi significatif de l’importance qu’ont accordée les partis politiques aux médias sociaux durant cette campagne.

Dans deux des cas, Roland Michaud (PC-Victoria-la-Vallée) et John Gardner (PL-Saint-Croix), il s’agit de commentaires du passé qui ne reflètent aucunement leur point de vue aujourd’hui.

Puisque les bulletins de vote comportaient déjà leurs noms et que plusieurs électeurs avaient déjà voté lors des scrutins par anticipation ou par correspondance, les trois candidats sont demeurés sur le bulletin de vote et ont dû continuer leur campagne sans affiliation politique. S’ils sont élus, ils devront donc siéger comme députés indépendants.

Je note également les commentaires sur Facebook de Serge Brideau, vice-président de la SANB et ancien membre du groupe Les Hôtesses d’Hilaire.
Connu pour choquer en portant une robe sur scène, M. Brideau est aussi connu pour avoir tenu des propos anti-Higgs par le passé.

Cette fois-ci, il a publié un commentaire accusant les candidats francophones du PC de «traîtres».

À mon avis, tous ceux et celles qui se sont présentés lors de ces élections méritent notre admiration et notre respect, peu importe leur affiliation politique.

Plutôt que de les dénigrer, M. Brideau devrait les féliciter de leur engagement envers leur communauté et les remercier de vouloir nous représenter à l’Assemblée législative.

Peut-être faudrait-il aussi rappeler que ce sont des députés du PL et du PC qui ont fait progresser les dossiers linguistiques dans cette province depuis les années 1960.

Ils ont approuvé à l’unanimité deux lois sur les Langues officielles (1967 et 2002) ainsi que des modifications en 2012, la Loi sur l’égalité des deux communautés et de nombreuses autres mesures pour protéger et promouvoir nos droits linguistiques.

La cohorte des élus de 2020, qu’ils soient rouges, bleus ou verts, en fera autant, j’en suis convaincu.

Bonne semaine à tous.