Une campagne à oublier

«C’est vraiment une campagne qui était plate.» C’est ce que m’a dit récemment le président de la SANB, Alexandre Cédric Doucet.

Je n’aurais pas su mieux dire. Je ne sais pas pour vous, mais j’ai trouvé cette course particulièrement endormante. Il était temps qu’elle finisse.

Mon agacement s’explique en partie par le contexte. La pandémie a été éreintante. J’ai le cerveau en bouillie et il ne me reste plus beaucoup de bande passante.

Trop de mauvaises nouvelles. Trop d’informations. Trop d’incertitude. Ajoutez à ça l’isolement et la monotonie des derniers mois. Pas des conditions idéales, mettons.

Mais ce n’est pas tout. Les deux partis traditionnels — les seuls qui ont une chance de remporter les élections — et leurs chefs sont aussi à blâmer pour cette course soporifique.

Blaine Higgs a presque tout misé sur son bilan et sur son dernier budget. Il a recyclé un paquet de promesses en nous disant sans détour que c’est ce qu’il était en train de faire.

Il n’a pas donné assez de détails sur son plan et a évité un tas de questions. Tellement qu’on n’a toujours pas une idée hyper claire de ce qu’il fera s’il met la main sur sa fameuse majorité. C’est fou pareil.

Quant à Kevin Vickers, il n’a pas fait beaucoup mieux. Dans son programme, il parle de mettre sur pied un groupe de travail pour se pencher sur ceci et de créer un comité pour s’occuper de cela. Pas fort fort.

Il a proposé plein d’autres choses, c’est vrai. Le problème, c’est qu’il n’a pas réussi à nous présenter une vision cohérente de l’avenir de la province. Et comme si cela ne suffisait pas, sa campagne avait l’énergie d’un condamné qui marche lentement vers la guillotine.

Bref, ce fut une course à oublier. Espérons que les partis et les chefs des partis traditionnels réaliseront en faisant leur bilan qu’ils doivent en faire beaucoup plus pour que les électeurs (et l’auteur de ces lignes) se sentent interpellés.