The Devil All the Time: le côté sombre de Tom Holland

Pour à peu près tout le monde, le comédien Tom Holland est associé au personnage de Spider-Man, qu’il a interprété dans cinq films de l’univers Marvel. Dans le drame The Devil All the Time, le Britannique de 24 ans montre pour une première fois un côté beaucoup plus sombre de son répertoire.

The Devil All the Time est un film difficile à résumer sans en vendre les moments les plus intéressants.

C’est (surtout) l’histoire d’Arvin Russell (Holland), un jeune homme de l’Ohio.

Quand il était enfant, Arvin a perdu sa mère aux griffes du cancer et son père s’est suicidé le jour des funérailles.

Orphelin, il est allé vivre chez sa grand-mère, dans l’État voisin de la Virginie occidentale.

Là, il a été élevé avec sa «demi-soeur» Helen (Mia Wasikowska), une enfant dont la mère a été assassinée par son mari, un fanatique religieux (l’excellent Harry Melling).

En grandissant, Arvin est devenu très protecteur de Helen. Quand un pasteur pervers (Robert Pattinson) s’incrustera dans la vie de sa soeur, le jeune homme sera entraîné dans une cavale où les morts s’accumulent…

Bien ficelé

Tourné par le très peu connu New-Yorkais Antonio Campos, The Devil All the Time n’est pas un très bon divertissement.

Le film est quand même long (138 minutes) et son rythme est plutôt lent. Il met également en scène un paquet de personnages importants qui se disputent le temps d’écran de sorte qu’on a peu de temps pour s’identifier à qui que ce soit.

L’oeuvre de Campos se démarque toutefois par la qualité de son scénario.

Le jeune cinéaste nous entraîne sur plusieurs lignes du temps et fait en sorte que de nombreuses personnes se heurtent sur celles-ci. Ce qui aurait pu devenir un gâchis incompréhensible est plutôt très facile à digérer et à suivre.

Campos plante ici et là avec beaucoup de subtilité des petites pépites qui semblent anodines et qui prennent plus tard un sens capital.

Ce qui surprend aussi avec The Devil All the Time est la qualité de sa distribution pour un film qui n’a pas été tourné par la machine hollywoodienne.

Holland, qui n’apparaît qu’à la 47e minute, montre un côté de lui qu’on ne soupçonnerait pas après l’avoir vu faire le pitre dans le costume de Spider-Man.

Dans le rôle d’un adolescent violent, vengeur et torturé par sa conscience, il n’a rien du collégien surexcité qu’est Peter Parker.

Bill Skarsgard (It, Castle Rock) est aussi très convaincant, tout comme Jason Clarke (Zero Dark Thirty, Terminator Genisys) et le futur Batman Pattinson (Twilight, Tenet).

The Devil All the Time n’est certainement pas un film à voir absolument, mais la qualité de son scénario et de sa distribution en font certainement une oeuvre à découvrir.

(Trois étoiles et demi sur cinq)

 

The Babysitter – Killer Queen: d’une délicieuse absurdité

The Babysitter – Killer Queen est la suite d’un des bons petits films d’horreur à avoir été diffusé sur Netflix au cours des dernières années, The Babysitter (2018). Une suite totalement inutile, certes, mais le réalisateur McG en est bien conscient de sorte qu’il est parvenu à à transformer ce tare en qualité.

Je ne sais pas si c’est l’âge qui me rattrape ou si je vois tout simplement trop de films, mais je n’avais absolument aucun souvenir de The Babysitter.

Je me souviens d’avoir écouté le film. Je me souviens de la prémisse. Je me souviens même de l’affiche. Mais aucun souvenir des détails. J’aurais même été incapable de vous dire si j’avais aimé ou non…

Je me suis donc rafraîchi la mémoire et, ma foi, je n’ai pas détesté du tout ce que j’ai redécouvert.

Comme petit film d’horreur qui ne se prend pas au sérieux, qui s’inspire de Evil Dead (1981) et qui repousse les limites du ridicule, The Babysitter vaut certainement le coup d’oeil.

La suite, Killer Queen, reprend deux ans plus tard. On retrouve Cole (Judah Lewis) qui, après avoir survécu à un culte sataniste mené par sa gardienne (Samara Weaving), est le fruit des plaisanteries de ses compagnons de classe, qui le soupçonne d’avoir tout inventé.

Même les parents de l’adolescent doutent, eux qui songent à le faire interner.

C’est alors que Melanie (Emily Alyn Lind, que l’on a déjà vue meilleure) vole au secours de Cole et l’invite à passer une fin de semaine de fête, loin de l’école, des ragots et de son passé.

Ce que Cole ignore, c’est que ses tortionnaires d’il y a deux ans sont aussi invités, eux qui sont de retour à la vie pour une seule nuit afin d’assouvir leur vengeance.

Désinvolte

Ce que j’ai aimé de Killer Queen, c’est qu’il est très conscient de ce qu’il est: un film d’exploitation qui tente d’imiter Tarantino en sachant très bien qu’il n’y parvient pas.

La prémisse est (très) absurde. Certains éléments du scénario sont lourdauds. Et le jeu des comédiens est volontairement satirique. Et ça fonctionne!

On a par exemple droit à des effusions de sang totalement gratuites, mais McG pousse tellement la note que c’en est vraiment drôle.

Si le film n’est pas à la hauteur de son prédécesseur, c’est tout d’abord parce que l’effet nouveauté n’y est plus. L’absence de Weaving, dont la complicité avec Lewis était LE point fort du premier film, frappe aussi très dur.

Reste que Killer Queen est un divertissement adéquat si on veut oublier le quotidien et se laisser entraîner dans une folie un peu macabre.

(Trois étoiles sur cinq)