Les libéraux ont besoin d’une vraie course

Les libéraux sont (encore) de retour à la table à dessin. Une reconstruction majeure s’impose, compte tenu de l’échec cuisant qu’ils ont subi dans le Sud.

Il devront notamment réfléchir à leur positionnement sur l’échiquier politique. Comme l’a rapporté mon collègue Mathieu Roy-Comeau, certains gros noms parlent déjà de le ramener plus à droite.

La course à la chefferie sera elle aussi déterminante. La dernière fois, en 2019, ce processus a été fait à la va-vite et a semé les graines de leur défaite.

Dès que Kevin Vickers a annoncé officiellement qu’il briguait la chefferie, l’establishment libéral s’est rangé derrière lui. Les deux autres candidats lui ont laissé la voie libre, le congrès à la direction a été annulé et on a assisté à un couronnement.

Les libéraux n’ont donc pas eu l’occasion de tester Kevin Vickers – un nouveau venu dans le monde de la politique qui n’avait pas encore fait ses preuves. Ils ne l’ont pas vu défendre sa vision lors de débats. Il n’a pas eu à démontrer qu’il avait l’étoffe d’un chef.

En gros, c’est un peu comme s’ils avaient acheté un nouveau char sans prendre la peine de l’inspecter. Ce choix fait à la hâte est venu les hanter lors de la campagne électorale.

Sous la direction de Kevin Vickers, le Parti libéral a mené une campagne amorphe. Il a présenté un programme sans fil conducteur clair et qui n’était pas chiffré. Certaines promesses avaient parfois l’air d’avoir été développées sur un coin de table dans l’autobus.

Aujourd’hui, les libéraux doivent une fois de plus se trouver un chef. La bonne nouvelle pour eux, c’est que le temps presse moins qu’en 2019, puisque le gouvernement de Blaine Higgs ne risque pas de tomber à tout moment.

Pour mettre toutes les chances de leur côté, ils auraient intérêt à organiser une vraie course avec plus d’un candidat sérieux et tout faire pour éviter un autre couronnement.

C’est bien beau de changer de bagnole à tout bout de champ. Mais mieux vaut regarder ce qu’il y a sous le capot avant de signer le contrat d’achat.