Une claque au visage

Le gouvernement de Blaine Higgs avait fait grand cas en 2018 de la nomination de Jake Stewart à titre de ministre des Affaires autochtones à temps plein. Jusqu’ici, ce poste avait toujours été accordé en extra à des ministres qui en avaient déjà plein les bras avec d’autres ministères plus volumineux.

Cette nomination devait signaler l’importance des relations avec les Premières Nations pour le nouveau gouvernement Higgs. «Le renforcement de telles relations mérite qu’un ministre s’y consacre entièrement», pouvait-on lire dans le discours du trône de l’époque.

Jake Stewart n’a pas particulièrement brillé durant sa première année et demie à titre de ministre. Au-delà de gestes symboliques, il ne s’est pas passé grand-chose du côté, par exemple, de la réconciliation. M. Stewart n’avait notamment pas su convaincre son premier ministre de l’obligation de consulter les Premières Nations avant d’envisager d’exploiter des ressources naturelles sur leurs territoires ancestraux comme le gaz de schiste.

M. Stewart en a toutefois surpris plus d’un lors de la crise ce printemps qui a suivi la mort des autochtones Chantel Moore et Rodney Levi qui ont été abattus par les forces de l’ordre. Il a alors appuyé et continue d’appuyer la tenue d’une enquête publique sur le racisme systémique envers les autochtones au sein du système judiciaire et de la police même si Blaine Higgs s’y oppose.

L’exclusion de M. Stewart du Cabinet à tous les airs d’une rétribution pour son insubordination. Le sort réservé à un seul homme importe toutefois très peu dans les circonstances. Aucun député ne possède un droit inaliénable à une place au Cabinet. La décision de confier cette responsabilité à une toute nouvelle élue (aussi brillante soit-elle) qui devra aussi jongler à la fois avec l’immigration et le développement économique est cependant une véritable claque au visage des Premières Nations. Les mots contenus dans le discours du trône de 2018 à leurs sujets n’étaient finalement que ça, des mots.