Autochtones et gouvernements: la relation n’est pas au beau fixe

Le Nouveau-Brunswick a été relativement épargné par les soulèvements autochtones survenus ailleurs au pays ces dernières années. Les Premières Nations n’ont pas bloqué les routes et les voies ferrées pendant des jours pour se faire entendre. Aucun projet de développement n’a été sévèrement retardé ou annulé en raison de l’opposition des autochtones. L’absence de grandes manifestations ou de gestes de désobéissance civile ne signifie toutefois pas que la relation entre nos dirigeants et les Premières Nations est au beau fixe.

Le refus du premier ministre Blaine Higgs de tenir une enquête sur le racisme systémique contre les autochtones au sein du système judiciaire et de la police n’est d’ailleurs que la pointe de l’iceberg. Les revendications territoriales des Mi’kmaqs et des Wolastoqeys sont aussi une importante pierre d’achoppement. La question du partage des revenus de la taxe sur l’essence, de la taxe sur le tabac, de la TVH et des jeux de hasard entre les Premières Nations et le gouvernement provincial est également encore d’actualité. Et que dire des tensions entre les pêcheurs blancs et autochtones sur la côte est de la province? Ces questions ne sont pas nouvelles, mais la population semble plus disposée que jamais à écouter les revendications autochtones et les gouvernements devraient faire de même.

En ce qui concerne M. Higgs et son gouvernement, ils pourraient commencer par mettre en œuvre les nombreuses recommandations dont il avait été question juste après la mort de Chantel Moore et de Rodney Levi aux mains de la police en juin. Après tout, c’est parce que ce problème a déjà fait l’objet d’innombrables études et rapports et que les solutions sont déjà connues (à son avis) que M. Higgs refuse de déclencher une enquête sur le racisme systémique.

Le sort des Premières Nations était complètement absent de la plateforme électorale du Parti progressiste-conservateur. Espérons que le discours du trône qui sera présenté le mois prochain sera plus loquace sur les intentions du gouvernement envers les peuples autochtones.