Hubie Halloween: une belle (et drôle!) surprise

On ne peut pas dire qu’Adam Sandler s’est démarqué par sa subtilité et son humour fin au cours de sa carrière. Mais visiblement, le comédien mûrit. Et il le prouve dans Hubie Halloween (Netflix), une comédie à la fois légère et profonde avec, en filigrane, un message fort contre l’intimidation.

Malgré son grand coeur, Hubie Dubois (Sandler) est l’idiot du village de Salem, au Massachusetts. Cette ville est connue mondialement pour les procès contre des sorcières qui y ont eu lieu à la fin du 17e siècle.

Chaque année, les touristes débarquent donc en masse à l’Halloween afin de profiter de l’effervescence entourant la réputation d’épouvante de Salem.

Et chaque année, Hubie s’assure que chacun soit en sécurité en patrouillant dans les rues de la ville et en offrant ses conseils aux petits et aux grands. Évidemment, personne ne le prend au sérieux et le pauvre homme est la tête de Turc de nombreuses blagues pas toujours drôles.

Mais voilà, 2020 n’est pas une année comme les autres et une réelle menace plane sur les petits et grands monstres qui arpentent les rues de Salem en quête de friandises.

Hubie parviendra-t-il à convaincre ses concitoyens de se mettre à l’abri?

Franchement drôle

Ce qui m’a principalement surpris avec Hubie Halloween, c’est la qualité de l’humour.

Le film nous propose un mélange étrangement efficace – et rare au cinéma – d’humour intelligent et de gags au premier degré.

C’est surtout un film qui ne se prend pas au sérieux avec ses blagues tellement exagérées et clichées qu’elles en sont drôles.

Hubie, malgré sa personnalité très stéréotypée, m’a beaucoup fait rire. Je me suis d’ailleurs souvent surpris à sourire devant la douce subtilité de certaines de ses répliques.

Hubie et son thermos (je ne vous en dis pas plus…) font certainement partie des créations humoristiques les plus réussies de l’année.

Familier

Sandler et son collaborateur de toujours, le scénariste Tim Herlihy, nous ont offert du bon, mais surtout du moins bon au cours des 25 dernières années. Au niveau du scènario et du ton, Hubie est d’ailleurs un mélange de deux de leurs meilleures collaborations: Billy Madison (1995) et The Waterboy (1998).

Ajoutez à cela une variation de la fable du garçon qui criait au loup, une fin à la Scooby-Doo et une ambiance tirée de TOUTES les comédies d’horreur halloweenesque des 50 dernières années et vous avez un film qui a des airs de déjà-vu par moment.

Qu’à cela ne tienne. Si vous cherchez à rigoler un peu en attendant la fête des citrouilles, je vous recommande Hubie Halloween sans aucun remord de conscience.

(Trois étoiles et demi sur cinq)

 

The Lie: un très potable drame psychologique

Jusqu’où iriez-vous pour protéger votre enfant? C’est la question que pose la scénariste canadienne Veena Sud dans le très potable drame psychologique The Lie (Amazon Prime).

Kayla (Joey King) est une adolescente difficile qui ne s’est jamais vraiment remise de la séparation de ses parents.

Un jour d’hiver, en chemin vers un camp de ballet avec son père Jay (Peter Sarsgaard), elle aperçoit son amie Britney qui attend l’autobus sur le bord de la route.

Comme Britney se rend elle aussi à la fin de semaine de danse, elle accepte de covoiturer avec Kayla et son père. En chemin, Britney est prise d’une envie d’aller au petit coin. Le papa s’arrête et l’adolescente, avec Kayla sur ses talons, se rend dans un secteur boisé pour se soulager.

Quand Jay entend des cris, il se précipite pour découvrir sa fille, en état de choc, sur un pont. C’est alors que Kayla lui affirme qu’elle a poussé Britney dans la rivière.

Jay et la mère de Kayla (Mireille Enos) tisseront alors une toile de mensonges afin de protéger leur fille.

Toile qui sera fragilisée quand la police et le père de Britney commeneront à poser des questions difficiles…

Surprenant et lourd

Un bon suspense psychologique est celui qui parvient à nous tenir sur le bout de notre siège, en haleine, et à nous surprendre.

The Lie (Apparences trompeuses, en français) est un succès sur ce plan, même si certains éléments sont assez prévisibles.

J’avoue toutefois avoir presque manqué d’oxygène dans les dix dernières minutes, tellement intenses que j’osais à peine respirer.

En général, le ton du film est extrêmement lourd. Par moment, il prend la forme d’un intense huis clos entre deux parents divorcés et dépassés ainsi qu’une adolescente à la santé mentale défaillante. Comme vous pouvez l’imaginer, les moments tendus sont nombreux… et malaisants.

Tourné en Ontario, le film propose une prestation exceptionnelle d’Enos – qui semble vieillir de minute en minute.

Reste que la principale qualité de The Lie, c’est de nous mettre dans les souliers des parents de Kayla et de nous forcer à nous demander ce que nous ferions à leur place.

Répondre à cette question vous permettra peut-être d’en apprendre beaucoup sur la personne que vous êtes…

(Trois étoiles et demi sur cinq)