Il y a 67 ans, Yvon Durelle réalisait une première à Moncton

Mercredi, c’était l’anniversaire de naissance d’Yvon Durelle, notre première véritable vedette sportive acadienne. Le boxeur qui venait de la mer aurait eu 91 ans s’il était toujours parmi nous.

Né le 14 octobre 1929, exactement 10 jours avant le krach boursier de la Bourse de New York qui marquait le début de la Grande Dépression, Yvon nous a quitté le 6 janvier 2007.

N’empêche que cet anniversaire adonne plutôt bien parce que c’est aujourd’hui le 67e anniversaire du premier combat de championnat pour un titre canadien de boxe dans l’histoire de la ville de Moncton.

Ce duel historique a eu lieu le jeudi 15 octobre 1953 dans le vieux Stadium, soit 24 heures après qu’Yvon ait soufflé ses 24 bougies.

Ce soir-là, dans un Stadium rempli à craquer avec plus de 5000 spectateurs, Yvon a fait face à l’Ontarien Gordon Wallace, le même bonhomme que l’Acadien de Baie-Sainte-Anne avait défait, quelques semaines auparavant, à Glace Bay, en Nouvelle-Écosse. Il y avait alors remporté la couronne canadienne des mi-lourds.

Wallace, pour ceux et celles qui l’ignorent, est originaire de Brantford, une ville qui est surtout réputée pour nous avoir donné une pléiade de grands hockeyeurs, à commencer par Wayne Gretzky et Bill Cook, sans oublier Doug Jarvis, Chris Gratton et Adam Henrique. C’est également à Brantford qu’a grandi l’ex-championne mondiale de patinage extrême Jacqueline Légère, dont le grand-père Francis est originaire de Rogersville.

Par ailleurs, il faut savoir que Wallace n’était pas le premier choix pour ce gala organisé par Chris Shaban. Au départ, Yvon devait faire face au Torontois Billy Fifield, un vétéran qui avait en banque des victoires contre plusieurs anciens adversaires d’Yvon tels que les frères McCluskey, Bernard et Cobey, ainsi qu’Eddie Zastre et Ossie Farrell. Fifield compte même une victoire par décision unanime contre Wallace en 1952 à Hamilton.

Mais malheureusement pour Fifield, il s’est blessé à l’entraînement et Wallace s’est donc fait offrir un combat revanche.

Ce qui, pour tout dire, fait bien l’affaire du promoteur Chris Shaban puisque la rivalité était déjà installée entre les deux pugilistes.

À ce sujet, cinq jours avant le combat, le gérant de Wallace Frank Bricker, déclare à un journaliste de La Presse Canadienne: «Gordon a sauté à six pieds de hauteur quand je lui ai dit que j’avais un nouveau combat contre Durelle. Sachez que Gordon n’a jamais perdu une deuxième rencontre de suite. Pendant sa carrière amateur, il a livré 104 combats et a gagné 101 fois. Et lors de ses 41 combats professionnels, il a connu 38 fois la victoire», a révélé Bricker.

Et comme prévu, les amateurs ont eu droit à 12 rondes de grande qualité entre deux boxeurs de haut niveau. Après un premier engagement à s’étudier, Yvon et son opposant ont ouvert la machine au deuxième assaut. Ce sera toutefois Yvon qui fera le plus de dommages à la suite d’une solide gauche au-dessus de l’oeil de son adversaire. Le sang gicle et la coupure est profonde.

Et même si Wallace a eu de bons moments par la suite, la victoire d’Yvon ne fait aucun doute au terme des 12 rounds. C’est avec l’oeil gauche très enflé, aussi bien dire fermé, que Wallace a dû s’en retourner chez-lui bredouille.

L’Ontarien aura cependant droit à deux autres matchs contre Yvon dans les années suivantes. Tout d’abord en septembre 1954 à Glace Bay, où l’Acadien l’emporte pour une troisième fois de suite par décision unanime. Puis, en mai 1957 à Moncton, Yvon met pour de bon un terme à cette rivalité en passant le K.O. à l’Ontarien dès le deuxième engagement. Yvon soutire du même coup à Wallace le titre de l’Empire britannique qu’il avait remporté l’année d’avant devant Ron Barton.

Ah oui, Yvon finit par affronter deux fois Billy Fifield, l’emportant chaque fois par mise hors de combat. Même que le deuxième duel, présenté à Moncton en juillet 1955, ne nécessitera que 70 petites secondes avant que le boxeur de Baie-Sainte-Anne n’envoie le Torontois au pays des rêves avec une solide gauche à la mâchoire.

McCormick et Larkin

Je n’en reviens pas que des gens se vantant d’être des connaisseurs du junior majeur puissent dire qu’Adam McCormick, parce qu’il n’affiche que deux mentions d’aide après quatre parties, connaît un début de saison couci-couça avec le Titan d’Acadie-Bathurst.

Il ne faut vraiment pas penser plus loin que son nez pour dire de telles sottises.

Chad Arsenault a certes été excellent (parfois miraculeux) devant son filet, mais si le Titan possède ce matin la meilleure défensive de toute la LHJMQ, il le doit aussi en grande partie à McCormick et son partenaire Cole Larkin. Les deux arrières sont utilisés près de 30 minutes par match par l’entraîneur Mario Durocher et cela contre les meilleurs attaquants adverses.

Il serait également bon que les détracteurs réalisent que hormis McCormick et Larkin, le Titan a dû composer depuis le début de la saison avec quatre défenseurs et deux gardiens qui n’avaient pour toute expérience que huit petits matchs à eux six en carrière dans le circuit Courteau.

Demandez à n’importe quel entraîneur de la LHJMQ et demandez-lui pour voir s’il croit possible de faire aussi bien que Durocher avec autant de nombrils verts à l’arrière et devant les buts. Il va vous rire en pleine face.

Le dossier des Européens

Même si la Ligue canadienne (LCH) est fâchée par la façon dont Patrick Roy a réussi à faire venir ses deux Européens, actuellement en quarantaine à Québec, ne soyez pas surpris si les autres équipes procèdent de la même façon dans les prochains jours.

Bref, attendez-vous à ce que les Jan Bednar et Harijs Brants du Titan, Val Usnik et Maxim Barbashev des Wildcats, de même que Vladislav Kotkov et Jan Hampl des Sea Dogs mettent les pieds dans la province sous peu.

Rappelons que les Remparts ont fait appel à une firme d’avocats torontois qui sont parvenus à faire rentrer les Finlandais Viljami Marjala et Aapo Siivonen.

Dans une entrevue réalisée avec le quotidien Le Soleil, Patrick Roy a révélé qu’il a décidé d’agir ainsi parce qu’il ne sentait pas qu’il avait l’appui nécessaire de la LCH dans ce dossier.

«Je ne le cacherai pas, je suis extrêmement déçu de la LCH. Quand tu fais un repêchage européen, ça te prend un plan et une plus grande vision que celle démontrée. Le commissaire de la LCH (Dan MacKenzie), c’est pas fort, vraiment pas fort. Il aurait dû y avoir un lobbyiste pour aider toutes les équipes à avoir leurs joueurs. À partir du moment où Victoriaville, Blainville et Shawinigan les ont, désolé, mais c’était à nous de trouver une façon de les amener ici et c’est ce qu’on a fait», a révélé le directeur général et entraîneur-chef des Remparts au confrère Carl Tardif.

Bennett MacArthur

L’ailier gauche Bennett MacArthur connaît tout un début de saison avec le Titan. Auteur de cinq buts après seulement quatre matchs, le Prince-Édouardien de 19 ans n’est devancé à ce chapitre que par Xavier Simoneau des Voltigeurs de Drummondville et Alex Beaucage des Huskies de Rouyn-Noranda avec six réussites.

L’exploit de MacArthur est d’autant plus remarquable qu’il est le seul joueur non repêché parmi les 30 premiers pointeurs de la LHJMQ.

L’anniversaire du jour…

Le 15 octobre 1958, le chroniqueur de L’Évangéline Gaston Pépin souhaite un bon 100e anniversaire de naissance à Elizabeth Bastarache, qui se veut l’une des plus grandes partisanes d’Yvon Durelle. Gaston raconte que Mme Bastarache, qui n’a malheureusement pas la télévision, n’hésite pas à marcher trois milles pour aller voir chez des amis les combats du boxeur de Baie-Sainte-Anne.