La vie privée a le dos large

L’arrivée de la deuxième vague de COVID-19 dans la province a poussé à juste titre les autorités à rappeler certaines consignes en matière d’hygiène à la population après un été somme toute très calme du côté de la pandémie. Le gouvernement et la Santé publique semblent toutefois eux aussi avoir besoin d’un rappel sur le rôle des médias et l’importance de la transparence en démocratie.

Dre Jennifer Russell s’est montrée visiblement irritée cette semaine lorsque les journalistes ont tenté à de multiples reprises d’en savoir davantage sur la source des éclosions à Moncton et Campbellton. Selon la médecin-hygiéniste en chef, les autorités doivent protéger à tout prix la vie privée des personnes atteintes de la COVID-19 et la population n’a pas besoin de savoir autre chose que si l’infection est communautaire ou si elle est liée au voyage.

Il est pourtant primordial que les citoyens en apprennent davantage sur les circonstances de ces infections pour être en mesure de juger de l’efficacité des mesures de la Santé publique et des sacrifices que leur demande leur gouvernement. C’est une partie importante de l’exercice démocratique. S’agit-il, par exemple, d’un travailleur essentiel de l’extérieur qui n’avait pas à s’isoler ou d’un visiteur qui n’a pas respecté sa période de quarantaine? La protection de la vie privée a vraiment le dos large lorsqu’on s’en sert pour refuser de divulguer des informations aussi simples.

Dre Russell et le ministre Dominic Cardy ont aussi accusé cette semaine les médias conventionnels de faire dans la désinformation, sans nommer le média ou la fausse information en question. Nos dirigeants jouent à un jeu très dangereux quand ils remettent en question la crédibilité des médias à l’ère de Trump, des fausses nouvelles et des théories du complot. Ils devraient plutôt remercier les journalistes qui travaillent d’arrache-pied depuis le début de cette pandémie pour donner du sens à leurs messages souvent contradictoires et parfois complètement incompréhensibles.