Pêche autochtone: le N.-B. n’est pas à l’abri d’une crise

Ça brasse à la baie Sainte-Marie depuis quelques semaines.

En gros, des Mi’kmaq ont décidé de se prévaloir de leurs droits issus des traités (et reconnus par la Cour suprême du Canada) pour pêcher le homard à l’extérieur de la saison définie par le gouvernement fédéral.

Des pêcheurs non-autochtones ont réagi en les intimidant, en vandalisant leurs trappes et en en effectuant des raids dans des usines qui achètent leurs prises. Un véhicule, un bateau et une usine liés aux pêcheurs autochtones ont été incendiés.

Vu du Nouveau-Brunswick, tout ça peut sembler bien loin. On peut facilement se convaincre que l’on est à l’abri d’un tel conflit alimenté par le racisme et l’incompréhension.

Mais ne soyons pas dupes: cela pourrait se produire chez nous plus tôt que tard.

N’oublions pas qu’une crise semblable a déjà ébranlé notre province. C’était il y a une vingtaine d’années, à Esgenoôpetitj (alias Burnt Church).

Espérons que nos députés fédéraux et la GRC du Nouveau-Brunswick suivent de près ce qui se passe à la baie Sainte-Marie et qu’ils réalisent qu’ils devront intervenir bien plus rapidement pour protéger les pêcheurs autochtones en cas de flambée de tensions de notre côté de la frontière.

Mieux vaut être prêt à toute éventualité que de se faire prendre les culottes baissées. D’ailleurs, cela va aussi pour le gouvernement provincial (même si la pêche au homard est de compétence fédérale). Blaine Higgs pourrait déjà demander à sa nouvelle ministre des Affaires autochtones, Arlene Dunn, de consacrer des efforts à ce dossier.

Le hic, c’est qu’elle en a plein son assiette. Contrairement à son prédécesseur, Jake Stewart, elle n’a pas un seul ministère. Elle n’a pas un, pas deux, pas trois, mais bien quatre portfolios.

Si jamais une crise se déclare au Nouveau-Brunswick, le premier ministre regrettera rapidement sa décision de ne plus traiter les Affaires autochtones comme un ministère de première importance.