Parlons privatisation

Au Nouveau-Brunswick, les deux principaux partis politiques sont de grands adeptes de la privatisation. Ils sont parfois momentanément contre quand ils sont dans l’opposition, mais une fois au pouvoir, le Parti libéral et le Parti progressiste-conservateur voient toujours la privatisation d’un très bon œil.

Le plus récent exemple est la privatisation de la gestion du Programme extra-mural et de Télé-Soins 811 par le gouvernement libéral de Brian Gallant. À l’époque, en 2017, les progressistes-conservateurs étaient farouchement contre. Ils y étaient cependant déjà moins opposés durant la campagne électorale de 2018. Blaine Higgs s’était alors contenté de promettre de réviser le contrat entre la province et Medavie s’il remportait le pouvoir. Quelques mois plus tard, les nombreux doutes des bleus au sujet de cette privatisation s’étaient évaporés. Ils s’apprêtent d’ailleurs aussi à privatiser Cannabis NB. De leur côté, les libéraux demandent maintenant au gouvernement de renégocier le contrat de gestion du service d’ambulances qu’ils ont eux-mêmes renouvelé avec Medavie pour dix ans il y a à peine trois ans. Ils ont aussi fait beaucoup plus de place au privé dans les foyers de soins.

Parce que les deux grands partis adorent confier des biens publics au secteur privé, on entend rarement parler des inconvénients et des risques de la privatisation. La vérificatrice générale nous en a toutefois donné de nombreux exemples cette semaine dans son rapport sur Ambulance NB.

Le plus préoccupant d’entre eux est justement que la province est à la merci de la bonne volonté d’une entreprise pour régler ces problèmes. Normalement, il suffirait que le ministre demande à ses fonctionnaires de mettre en œuvre les recommandations de la vérificatrice générale, mais dans ce cas-ci, le public devra plutôt attendre la fin du contrat dans sept ans si Medavie n’accepte pas de modifier l’entente à l’avance.

Les contribuables risquent donc de continuer de verser des primes à une entreprise pour un système qui «désavantage les collectivités rurales et éloignées» et qui «incite» à «maintenir de faibles niveaux d’effectifs».