Éclosion du Restigouche: tout n’est pas noir ou blanc

Les Restigouchois sont-ils les seuls responsables de l’éclosion qui est en cours dans leur région? Ou sont-ils plutôt blâmés à tort pour une situation qui est tout à fait hors de leur contrôle?

En suivant ce qui se passe dans la zone 5 (et les réactions dans les réseaux sociaux) on peut penser qu’il n’y a que ces deux options et qu’il faut absolument en choisir une. En fait, la réalité est pas mal plus nuancée que cela.

Il est vrai que le premier ministre et la médecin-hygiéniste en chef n’ont pas été particulièrement tendres envers le Restigouche dernièrement.

Ils ont noté que les directives ne sont pas assez suivies dans la région. Trop de gens choisissent d’avoir la face à l’air en public et de participer à des rassemblements.

Les enquêtes de la Santé publique ont permis de déterminer que chaque personne ayant contracté la COVID-19 dans la région avait eu des contacts rapprochés avec 20 personnes en moyenne. C’est énorme.

Mais ce portrait n’est pas complet. Il y a un autre facteur majeur à prendre en compte (et qui n’est pas toujours évident vu de l’extérieur de la zone 5); les liens qui unissent le Restigouche et la Gaspésie.

Chaque jour, des centaines des personnes traversent le pont pour le travail ou pour d’autres raisons essentielles. Samedi, pas moins de 1100 véhicules personnels ont franchi le point de contrôle de Campbellton.

Pourquoi cela est-il important? Parce que ça chauffe en Gaspésie.

Jeudi dernier, il y avait 67 cas actifs dans la municipalité régionale de comté d’Avignon. Cela représente 454 cas actifs par 100 000 habitants. À pareille date, ce taux était de 245 dans le Restigouche (et de seulement 14 dans l’ensemble du Nouveau-Brunswick).

Bref, plus d’une chose peut être vraie à la fois. Les Restigouchois peuvent avoir une part de responsabilité, tout comme le contexte régional peut avoir un impact.

Ça ne fait peut-être pas des commentaires Facebook très «punchés», mais tout n’est pas noir ou blanc dans ce dossier.