Attention: danger

Il y a des emplois hautement dangereux: soldat, équilibriste, astronaute. À cette liste, ajoutons maintenant, enseignant: professeure universitaire, professeur d’histoire, par exemple. J’admire toute personne qui, aujourd’hui, choisit cette voie, car s’il fut un temps où enseigner était une profession noble, aujourd’hui, autant être démineur!

Transmettre le savoir est devenu carrément risqué. Prenons l’horreur d’un enseignant décapité pour avoir expliqué – comme on devrait le faire tous les jours, dans toutes les classes de la planète – ce qu’est la liberté d’expression, ou encore, l’exécution virtuelle d’une professeure d’Ottawa pour avoir utilisé un mot désormais banni, même dans son utilisation la plus académique.

Entendons-nous bien, je ne mets pas en doute l’existence de racisme systémique, bien au contraire, je l’ai bien trop souvent croisé dans ma vie.

Ce qui est affligeant ici, c’est que l’extrémisme l’a emporté. L’extrémisme religieux et l’extrémisme de la rectitude.

Dans les deux cas, la discussion autour du vrai sujet n’était pas à l’ordre du jour et encore moins son analyse. Tout s’est réglé devant le nouveau tribunal dictatorial des réseaux sociaux qui, de toutes évidences, tue aussi bien physiquement que virtuellement.

Dans le cas de l’islamisme extrémiste, je ne suis pas surprise, mais au sein d’une institution dite «supérieure», franchement, ça donne le vertige. Qu’une étudiante se soit sentie offensée par le mot, l’ait exprimé à son enseignante qui lui a proposé d’en débattre en classe, pour ensuite, sans prévenir, aller livrer sa professeure en pâture aux internautes, montre bien que le but était de punir et pas de dialoguer. Quant à l’université, elle a lâchement abandonné ses principes et sa prof!

Alors, j’en tire une mise en garde qui me semble valide aussi bien en France, qu’à Ottawa ou sur les quais de la Baie Sainte Marie: quand la violence l’emporte sur le dialogue, le chaos n’est pas loin. Et ce n’est pas comme ça qu’on pourra, enfin, apprendre à se connaître et à se respecter.