Qui défendra la LLO au gouvernement?

Le président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, Alexandre Cédric Doucet, soulignait à juste titre cette semaine qu’à l’aube du début du processus de révision de la Loi sur les langues officielles, nous n’avons pas la moindre idée de l’opinion du gouvernement progressiste- conservateur sur le sujet. La question ne figurait notamment pas dans la plateforme du parti lors des élections du mois dernier.

Plus largement, après dix ans à l’Assemblée législative, dont quatre à la tête du Parti progressiste-conservateur et deux en tant que premier ministre, nous ne connaissons toujours rien de la vision de Blaine Higgs en ce qui concerne les langues officielles. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé. Autant les médias que les partis d’opposition lui ont posé la question à des dizaines de reprises, sans succès. Chaque fois qu’il est question de droits linguistiques et de protection pour la minorité francophone, M. Higgs pivote inévitablement vers l’enseignement du français dans les écoles anglophones. Comme si l’assimilation des francophones et le non-respect de leurs droits étaient un problème moins important que les difficultés alléguées des anglophones à se trouver un emploi dans la fonction publique. Est-il nécessaire de rappeler que la Loi sur les langues officielles n’a absolument rien à voir avec l’enseignement dans les écoles?

Le désintérêt apparent du gouvernement pour les questions linguistiques pourrait signaler une révision sans envergure qui se solderait sans doute par le maintien du statu quo. Dans les circonstances, ça ne serait peut-être pas si mal. Il serait toutefois fort malheureux si cette indifférence se traduisait par une ouverture à procéder à des changements qui n’iraient pas directement dans la direction de l’atteinte de l’égalité des deux communautés linguistiques. C’est d’ailleurs de toute évidence ce qu’essayeront de faire les deux députés de l’Alliance des gens. Sans une voix forte au sein du gouvernement pour le respect et l’égalité, le premier ministre pourrait bien être tenté de les écouter.