Une nouvelle relation pour le PPC et l’Alliance des gens

Parmi tous les aspects de la nouvelle dynamique qui est sur le point de s’installer à l’Assemblée législative, la relation entre le Parti progressiste-conservateur et l’Alliance des gens risque d’être la plus intéressante sur le plan politique.

L’entrée en scène d’un gouvernement progressiste-conservateur majoritaire devrait nous permettre de voir le véritable visage du parti de Blaine Higgs et de celui de Kris Austin. Depuis les élections de 2018, les deux formations n’avaient pas pu être véritablement elles-mêmes en raison du lien précaire, mais essentiel, qui les unissait pour garantir la stabilité du gouvernement.

Les progressistes-conservateurs devaient notamment s’abstenir de proposer quoi que ce soit qui aurait été impossible à avaler pour les députés de l’Alliance. Les alliancistes devaient quant à eux tempérer leurs critiques à l’endroit du gouvernement afin d’être en mesure de l’appuyer sans avoir l’air de constamment parler des deux côtés de la bouche. Heureusement pour les deux partis, tout cela n’a pas été trop difficile. Après tout, l’Alliance n’est pour l’essentiel qu’une version populiste et francophobe du Parti progressiste-conservateur.

Libre de toute attache envers le gouvernement, l’Alliance aura sans doute des positions encore plus extrêmes, surtout en ce qui concerne l’effritement du bilinguisme officiel. L’avis de deux simples députés de l’opposition ne devrait toutefois pas peser bien lourd dans la balance, à condition que les médias anglophones ne leur accordent pas une fois de plus un poids démesuré.

Reste à voir comment se comporteront les progressistes-conservateurs maintenant qu’ils n’ont plus à ménager les sensibilités des alliancistes. Oseront-ils remettre en question leurs propositions complètement insensées sur le plan économique? Iront-ils jusqu’à les dénoncer lorsqu’ils s’attaqueront aux droits des francophones? Auront-ils l’audace de faire la leçon au Parti libéral en dépassant le statu quo pour faire véritablement progresser l’égalité réelle des deux communautés linguistiques? Une chose est sûre, personne d’autre ne pourra être blâmé pour les hésitations et les égarements du Parti progressiste-conservateur.