Les 15 ans de Jean-Yves Thériault comme champion ont la cote

Qui peut revendiquer l’exploit sportif masculin le plus important dans l’histoire du Nouveau-Brunswick?

J’ai récemment voulu avoir une petite idée de l’identité de cet athlète en proposant un petit sondage auprès de mes amis virtuels sur ma plate-forme Facebook.

Pour aider les votants, j’ai proposé huit noms avec une courte explication, bien que j’aurais pu en ajouter une trentaine d’autres tellement la liste de nos grands et beaux exploits est longue.

Les votants devaient donc m’envoyer leur liste des trois exploits (par ordre d’importance). Ils avaient aussi l’option de m’expliquer le pourquoi de leurs choix. Plusieurs ont joué le jeu.

À noter que cinq points étaient accordés pour une première place, trois pour une deuxième position et un point pour le troisième rang. Je peux déjà vous dire que ç’a été beaucoup plus serré que je ne l’anticipais.

Bien humblement, je vous livre donc tout de suite le grand gagnant de ce sondage… Jean-Yves Thériault, qui a été champion mondial de kick-boxing de 1980 à 1995. Avec un total de 187 points (21-23-13), dont 21 premières places, l’Acadien de Paquetville est apparu sur 57 bulletins de vote.

«D’être au top de son sport pendant toutes ces années au niveau mondial, à mes yeux c’est tout un exploit», révèle Marc Thériault.

«Ses chiffres parlent d’eux-mêmes», résume Michel Doucet.

«Un kick-boxeur redoutable et imposant, qui a dominé son sport pendant assez longtemps, qui inspirait la confiance inébranlable et l’œil du tigre comme j’ai jamais vu. Et en plus, il porte le même nom de famille que moi», raconte Patrick Thériault.

«Dommage que les arts martiaux mixtes n’existaient pas dans son temps, il aurait probablement été une grande vedette de la UFC», mentionne Bruno Richard.

«D’avoir été le meilleur au monde pendant 15 ans est incroyable. Sa longévité est simplement impossible à répéter. Un champion du monde», affirme Denis Léger.

En deuxième position, on retrouve le boxeur Yvon Durelle avec 176 points (18-22-20). Le 10 décembre 1958, l’Acadien de Baie-Sainte-Anne a surpris le monde entier en envoyant le champion mondial des mi-lourds Archie Moore trois fois au tapis dès la première ronde.

Je précise que le nom de Durelle est apparu sur 60 bulletins de vote, soit trois de plus que Thériault, mais ce dernier a recueilli légèrement plus de votes de première et de deuxième places et c’est ce qui aura finalement fait la différence.

«Mon père m’a parlé d’Yvon Durelle plus souvent que toute autre personne dans cette liste et toujours avec de l’admiration dans son regard. J’ai rapidement été enveloppé par la même admiration», soutient Alain DeGrâce.

«Il a été non seulement un grand boxeur, mais il a aussi porté sur ses épaules la cause du peuple acadien», prétend Stéphane Paquette.

«Yvon a été une grande inspiration, surtout pour les gens dans les petites communautés. Il nous a appris à ne pas abandonner nos rêves et de ne pas laisser d’où on vient nous décourager», exprime Julie-Ann Robichaud.

«Mieux entraîné et protégé, il aurait été un des plus grands du monde», estime Daniel Roussel.

«Chez nous, le combat de Durelle contre Moore demeure l’événement sportif le plus marquant de notre génération», écrit Jean Saint-Cyr.

«Il a donné tout un combat au grand Archie Moore. Je n’oublierai jamais la poignée de main qu’il m’a donnée dans mon jeune âge. Je pensais que c’était un gant de baseball qui me serrait la main», rapporte Marco Scichilone.

La troisième position appartient au jockey Ron Turcotte qui, en 1973, a remporté les trois épreuves de la Triple Couronne en compagnie du non moins célèbre cheval Secrétariat.

L’Acadien de Drummond a récolté 157 points (18-16-19) et est apparu sur 53 bulletins de vote.

«Pour moi, un exploit doit être quelque chose que j’aimerais raconter et depuis toujours je parle de Ron Turcotte. Alors il doit être mon numéro 1», observe Marc Arseneau.

«Cet exploit a mis notre belle province sur la mappe», estime Pete Belliveau.

«Encore aujourd’hui, les gens font de longues files d’attente pour avoir son autographe. Il est une inspiration de persévérance», rapporte Daniel LeGresley.

«Ses réussites en carrière ne se limitent pas à cette seule année 1973», rappelle Donald Aubé.

«Son parcours est inspirant», juge Donald Wade.

Le quatrième échelon appartient au hockeyeur Willie O’Ree qui a amassé 130 points (16-12-14) en apparaissant sur 42 bulletins de vote.

O’Ree est devenu le 18 janvier 1958 le premier hockeyeur professionnel noir à disputer un match dans la Ligue nationale.

«Le simple fait d’être noir dans ces années-là, dans un sport qui est encore aujourd’hui majoritairement blanc, est assez extraordinaire», disserte Edgar Allain.

«Willie O’Ree est au hockey ce que Jackie Robinson est au baseball», formule Dave Brown.

«Juste s’imaginer ce que ça dû être les barrières raciales de l’époque et d’être parvenu à se rendre aussi loin dans son sport témoigne du courage dont il a dû faire preuve», observe Charles Austin.

«Il fallait avoir le talent et être fort mentalement pour combattre le racisme comme il l’a fait», juge Alfred Mallet.

«Il a changé le monde du hockey», souligne Dave Cowan.

Le top-5 du concours est complété par un autre hockeyeur, Gordie Drillon qui a gagné le championnat des pointeurs de la LNH en 1938-1939. Drillon, qui a totalisé 54 points (7-4-7), demeure encore à ce jour le seul Néo-Brunswickois à avoir réussi l’exploit.

«C’est déjà très difficile de jouer dans la LNH de nos jours, alors ça devait l’être encore plus dans les années 1930 et 1940. Je ne pense pas vivre assez longtemps pour voir un autre joueur du Nouveau-Brunswick gagner le trophée Art Ross pour avoir été le meilleur pointeur», révèle Gaétan Haché.

«Ça lui vaudrait un contrat de 10 millions$ par saison aujourd’hui. Ce qu’il a réalisé est le rêve ultime de tous les jeunes de la province», dénote Martin Albert.

«C’est incroyable qu’il ait réalisé son exploit à l’époque des Original 6, où le talent était moins dilué», exprime Ghislain Mercier.

«D’être le champion pointeur à l’époque où il n’y avait que six équipes, c’est quand même quelque chose», témoigne Mario Boudreau.

Le joueur de basketball en fauteuil roulant David Durepos a pris la sixième place grâce à un total de 32 points (2-5-7). Durepos a pris part à cinq Jeux paralympiques consécutifs, où il a aidé le Canada à remporter trois fois l’or.

«C’est un exploit très sous-estimé», fait savoir Yannick Holmes.

«Trois médailles d’or aux Paralympiques est un exploit exceptionnel», publie Clarence Bastarache.

Le septième rang a été attribué au joueur de curling Russ Howard pour être devenu en 2006 le premier Néo-Brunswickois à mettre la main sur une médaille d’or aux Jeux olympiques. Il a terminé le concours avec 24 points (2-3-5).

«Dans ce sport, ça demande une précision de niveau chirurgical et un jugement tactique incroyable», croit Patrick Thériault.

Le premier athlète à figurer dans ce classement qui ne figurait pas dans les choix de réponse que je proposais dans le sondage est le lanceur Rhéal Cormier (1-3-1, 15 pts). Le gaucher a disputé pas moins de 16 saisons dans les ligues majeures.

«Franchir les portes du Baseball majeur est quelque chose de grandiose», estime Bertin Couturier.

«Être seul sur monticule dans les ligues majeures pendant 16 ans est un exploit en soi», souligne Jean-Claude Robichaud.

Au neuvième échelon, le boxeur Jacques LeBlanc (1-1-5, 13 pts), qui peut se vanter de n’avoir jamais visité le tapis ou encore d’avoir obtenu un compte debout pendant toute sa carrière professionnelle.

«Il avait une force de caractère comme il s’en fait peu. Il avait aussi un méchant menton et une détermination sans fin», rappelle Bruno Godin.

Enfin, au 10e rang, on retrouve le deuxième athlète qui ne figurait pas dans la liste de suggestions, le coureur de longue distance Joël Bourgeois (2-0-1, 11 pts).

«Si on tient compte de la compétition en athlétisme et du nombre de coureurs qui pratiquent la course, Joël Bourgeois est tout un athlète», affirme Mathieu Lang.

Dans une prochaine chronique, je m’attarderai cette fois-ci sur les plus grands exploits du Nouveau-Brunswick chez les dames.