Vivement un plan au lieu des phrases creuses

Le discours du trône de mardi n’a finalement pas permis à la population de se faire une meilleure idée sur les intentions du gouvernement provincial. À l’image de la plateforme électorale du Parti progressiste-conservateur, le discours ne contenait à peu près pas de détails et de propositions concrètes.

Parmi tous les domaines sur lesquels il aurait été important d’en apprendre davantage, nul n’est sans doute plus primordial que la réforme de la santé. À ce sujet, le discours du trône nous a appris que Fredericton souhaite «optimiser l’utilisation des ressources», «mener (les) activités différemment» et «envisager la prestation des services autrement».

C’est bien peu d’informations au-delà du langage bureaucratique pour rassurer ceux qui se demandent si leur petit hôpital rural sera autre chose qu’une coquille dans quatre ans ou qui craignent d’avoir à conduire quatre heures à l’aller et au retour pour leur traitement de chimiothérapie en cas de récidive de leur cancer.

Pourtant, malgré le brouillard qui entoure le plan du gouvernement en matière de santé, le principal problème auquel il souhaite s’attaquer est très clair. La pénurie de personnel force déjà la fermeture temporaire à répétition de plusieurs unités dans nos hôpitaux et la situation devrait aller en s’empirant alors que les professionnels de la santé vont prendre leur retraite et que la population vieillissante mettra davantage de pression sur le système.

La population a déjà dit non à l’une des solutions du gouvernement: la fermeture des urgences de six petits hôpitaux durant la nuit. Blaine Higgs a promis à la place de consulter la population pour trouver d’autres solutions ensemble. Elles doivent avoir lieu durant les six premiers mois de l’année prochaine.

S’il souhaite éviter une autre volée de bois vert, le premier ministre ferait toutefois mieux de commencer à présenter son plan le plus rapidement possible au lieu de servir des phrases creuses à la population.