Que fera Blaine Higgs si Saint-Jean passe au rouge?

La région de Saint-Jean risque de régresser en phase rouge si la situation continue de se dégrader au cours des prochains jours. Ce n’est pas moi qui le dis, mais bien le premier ministre.

Les choses évoluent rapidement dans la zone 2. Le nombre de cas confirmés a doublé deux fois en trois jours. Un foyer de soins et deux écoles sont touchés. Ça r’garde pas ben, comme dirait l’autre.

L’approche de Blaine Higgs risque d’être mise à l’épreuve si la région retombe en phase rouge et que l’économie mange une claque.

Depuis le début de la pandémie, c’est surtout Ottawa qui est venu en aide aux Néo-Brunswickois avec d’importants programmes. Fredericton est pas mal resté sur les lignes de côté. Il n’a même pas changé d’idée lorsque des éclosions ont paralysé le Restigouche et le Sud-Est.

Mais là, on parle de la région de Saint-Jean, le fief de Blaine Higgs et de certains de ses ministres les plus influents.

Les progressistes-conservateurs (et les libéraux lorsqu’ils étaient au pouvoir) la traitent parfois différemment du reste de la province. Il ne faut pas retourner bien loin en arrière pour trouver un exemple.

En août dernier, peu avant les élections, le gouvernement Higgs s’est engagé à dépenser jusqu’à 10 millions $ en dix ans pour appuyer le développement économique dans la grande région de Saint-Jean.

Il a fait cela alors qu’il venait de remplacer les fonds du Nord et de la Miramichi par de nouveaux programmes, dont un qui cible les communautés «rurales» de moins de 25 000 personnes (un seuil tellement élevé qu’il inclut notamment les banlieues prospères de la ville portuaire).

En édito, François Gravel avait baptisé cela le «traitement Saint-Jean».

Aujourd’hui, on peut se demander ce que fera Blaine Higgs si les choses empirent à Saint-Jean et qu’un tas d’entreprises doivent fermer leurs portes pendant des semaines.

Réévaluera-t-il son approche ou laissera-t-il la zone 2 à elle-même pour ne pas retarder le sacro-saint retour à l’équilibre budgétaire?