Des priorités à surveiller

Le discours du trône présenté lors de la première session de la 60e législature du Nouveau-Brunswick ne se démarque pas des centaines d’autres depuis la fondation de la province. Ce n’est pas dans ce document qui constitue une feuille de route pour le gouvernement que l’on peut y trouver quelconques précisions sur la mise en œuvre de ses intentions.

Ceci dit, il faudra suivre de près au cours de la présente session certaines priorités fixées par le gouvernement de Blaine Higgs. Comme le premier ministre dispose d’un gouvernement majoritaire, il pourra avoir davantage les coudées franches pour agir. La réforme de la gouvernance locale devrait être une des premières priorités à court terme. Après une période de consultation nécessaire, le gouvernement Higgs voudra-t-il agir d’autorité ou s’en tenir à des réformes volontaires? Le courage politique sera-t-il au rendez-vous contrairement aux tentatives des gouvernements précédents qui sont morts-nées?

On peut rappeler que c’est sous le gouvernement libéral de Frank McKenna que des fusions municipales avaient été forcées. La région du Grand Moncton avait pu conserver ses trois villes, mais elle a dû se faire à l’idée d’avoir un seul corps policier. Plus au nord de la province, Chatham majoritairement catholique et Newcastle protestant, séparés par la rivière Miramichi, ont été amalgamés pour devenir la municipalité de Miramichi. Les fusions ne sont pas non plus passées comme une lettre à la poste dans la région d’Edmundston.

Les regroupements volontaires de collectivités locales ont montré leur limite. La crainte d’augmentation des impôts fonciers des gens habitants en région rurale en a incité plusieurs à s’opposer à des fusions lors de plébiscites. La municipalité rurale du Haut-Madawaska en est un bel exemple. Les citoyens des villages de Saint-Hilaire, Baker-Brook, Clair et Saint-François ont voté en faveur du regroupement alors que Lac-Baker a décidé de faire bande à part.

La Loi sur les langues officielles doit être révisée l’an prochain. C’est une patate chaude que les gouvernements libéraux et les progressistes aimeraient bien ne pas avoir dans les mains. Adoptée en 1969 par le gouvernement de Louis Robichaud, la Loi provinciale sur les langues officielles a été réécrite en 2002 par le gouvernement progressiste-conservateur de Bernard Lord pour y ajouter notamment la création d’un Commissariat aux langues officielles. Ce sont les tribunaux qui ont forcé la main de nos dirigeants politiques. La Loi de 1969 ne s’appliquait pas aux municipalités. Cet important manquement a été corrigé par la Loi de 2002.

Le gouvernement minoritaire de Blaine Higgs avait trébuché lorsqu’il avait voulu la fermeture des urgences de six hôpitaux ruraux. Que sous-entend la phase « le gouvernement continuera d’optimiser l’utilisation des ressources dans l’ensemble du système de santé » que l’on retrouve dans le présent discours du trône? Peut-on y voir une remise en question de la dualité en santé? Seul l’avenir nous le dira.

Le gouvernement Higgs va bénéficier au cours des quatre prochaines années d’une fenêtre politique pour agir sur plusieurs dossiers controversés. Pourra-t-il le faire avec doigté?