Pour notre bien

Il faut vivre sur une île pour réaliser combien il est bon parfois de s’échapper et, depuis quelques jours, nous avons tout le loisir d’y rêver. Qu’on soit à Terre-Neuve (grande île!) à l’Île-du-Prince-Édouard (petite île) ou Saint-Pierre et Miquelon (minuscules îles), nous sommes de nouveau enfermés. Pour vous, lecteurs et lectrices du Nouveau-Brunswick ou de Nouvelle-Écosse, le confinement est tout aussi réel même s’il est moins géographique.

Vous souvenez-vous, enfants, qu’on on ne voulait pas avaler du sirop pour la toux (ou l’huile de foie de morue), nos parents disaient: «allez, avale, c’est pour ton bien». L’argument de poids, imparable, indiscutable! Aujourd’hui, personne n’est ravi de se voir forcé à rester à la maison, mais il faut bien s’en accommoder.

Le confinement, l’arrêt des voyages, la fermeture de restaurants dans certains cas, c’est pour notre bien à toutes et à tous. Et pourtant, il y en a encore pour refuser, comme un enfant qui tape du pied devant son sirop. Certains manifestent contre le port du masque, d’autres refusent de fermer leurs restaurants, aux États-Unis on a vu la ruée vers les aéroports afin de rejoindre la famille pour Thanksgiving. Quand on a demandé à un de ces inconscients pourquoi il allait traverser le pays alors que la Santé publique de son pays lui demande de rester chez lui, il a répondu «Parce que ce que je fais, ça ne les regarde pas».

Quelle idée! Bien sûr que ça concerne nos gouvernements et, plus largement, nous tous. On ne parle pas d’une cuillerée de sirop pour la toux, on parle de notre santé collective. L’effort demandé est collectif et notre santé individuelle dépend de l’adhésion de chacun. Pourquoi est-ce si difficile à comprendre dans le cas d’un virus très contagieux?

Comme le disait si bien une éditorialiste québécoise: «Quand est-ce qu’on arrête les âneries?»