Chère Assemblée, le 21e siècle t’appelle

Les travaux de l’Assemblée législative sont encore en pause à cause de la pandémie. C’est la troisième fois que cela se produit.

La COVID-19 bouleverse nos vies depuis huit mois. On s’adapte. On change nos pratiques. On se tape des réunions par vidéoconférence. C’est poche, mais on fait avec.

Nos députés provinciaux ne peuvent pas en dire autant. Ils ont attendu et attendu et attendu. La semaine passée, l’explosion du nombre de nouveaux cas leur a tordu le bras. Ils vont enfin se doter d’un système pour siéger à distance.

Le pire, c’est que rien de tout ça n’est surprenant. L’Assemblée législative est malheureusement une institution qui vit encore dans le 20e siècle et qui évolue à pas de tortue.

Allez faire un tour sur son site web. On dirait vraiment qu’il a été créé en 1997 par un programmeur amateur. Ça fait pitié, comme dirait l’autre.

On peut aussi penser à certaines règles vétustes qui rendent plus opaque le travail de nos élus et qui n’ont plus du tout leur raison d’être.

Par exemple, il est strictement interdit de prendre des photos et de tourner des vidéos pendant les travaux parlementaires. Cette interdiction touche à la fois les membres du public et les journalistes.

Les Néo-Brunswickois qui vont voir leurs députés à l’œuvre ne peuvent même pas prendre de notes lorsqu’ils sont dans la tribune. C’est la même histoire à Ottawa. Because le décorum.

C’est bien beau le décorum et les traditions. Mais ils ne doivent pas passer devant la transparence et les valeurs démocratiques. Après, on se demande pourquoi les gens ne s’intéressent pas à ce que font les gouvernements.

Les députés à Fredericton font un travail important. Ils prennent des décisions qui ont un impact énorme sur nos vies et gèrent des milliards de dollars que leur confie la population.

La moindre des choses serait de ne pas moderniser leurs pratiques seulement quand cela les arrange.