Black Beauty: pour enfants impressionnables seulement

Le bilan de Disney+ en matière de films exclusifs et n’est pas très reluisant. Mis à part le magnifique Stargirl, le géant ne nous a rien offert de bien exceptionnel depuis son lancement, il y a un an. Et ce n’est pas Black Beauty qui va changer la donne.

Black Beauty (Disney+) est la cinquième adaptation cinématographique d’un roman d’Anna Sewell publié en 1877 en Angleterre.

Dans le livre (dont la version française, Prince noir, n’est parue qu’en 1965), Sewell dresse la biographie fictive d’un cheval confronté à la cruauté et à la sympathie des hommes dans l’Angleterre du XIXe siècle.

Chaque chapitre est accompagné d’une morale sur la façon dont les chevaux étaient traités à l’époque.

On dit que le livre a contribué à l’amélioration du sort de cet animal au Royaume-Uni.

Le livre a été adapté au cinéma en 1921, 1946, 1971 et 1994, en plus de faire l’objet d’une série télévisée dans les années 1970.

Vous vous en doutez certainement, la version Disney de Black Beauty se déroule aux États-Unis. Le cheval de fiacre britannique est devenu un mustang du Midwest américain.

Née dans la nature, la jument est capturée puis adoptée par un éleveur.

L’animal se retrouve sous la responsabilité de John (Iain Glen), qui a le mandat de le dompter afin qu’il puisse être vendu.

Mais Black Beauty est têtue. Et seule la nièce de Glen, Jo (Mackenzie Foy), récemment orpheline, parvient à approcher la bête.

Naîtra alors une grande histoire d’amitié pleine de rebondissements qui durera toute une vie.

Pas du tout subtil

Narré à la première personne par Kate Winslet (dans le rôle du cheval), Black Beauty est un film qui manque carrément de subtilité.

La réalisatrice et scénariste Ashley Avis insiste avec beaucoup trop d’acharnement sur le fait que Jo et Black Beauty ont une histoire et une personnalité identiques. Juste au cas où vous n’auriez pas compris l’évident du premier coup, elle vous le rappelle encore et encore et encore…

Comme si ce n’était pas assez, un paquet de moments clés dans la relation entre l’adolescente et son cheval sont beaucoup trop romancés pour être crédibles.

Reste qu’il est difficile de ne pas apprécier la grandeur de cette histoire d’amitié, même si le jeu de certains comédiens n’est pas à la hauteur, le film est trop long et les images trop souvent délavées.

Pour enfants impressionnables seulement.

(Deux étoiles et demi sur cinq)

 

Ghosts of War: A pour l’effort, D pour l’exécution

Vous vous souvenez de Snakes on a Plane (2006) avec Samuel L. Jackson? L’entièreté du concept du film était résumée dans le titre. C’est un peu le même phénomène avec Ghosts of War (Netflix). Sauf que le cinéaste Eric Bress nous réserve une immense surprise.

Malheureusement, l’effet est totalement raté.

Comme son titre l’indique, Ghosts of War porte sur une histoire de fantôme pendant la guerre. On suit un groupe de cinq soldats alliés (américains, si on se fie à leur accent) qui, en 1944, dans une France occupée par l’armée nazie, ont pour mission de défendre une vaste demeure.

Dès son arrivée, le bataillon est témoin de phénomènes visuels et auditifs étranges de sorte que les G.I. sont convaincus que le château est hanté. C’est toutefois quand un groupe de soldats allemands tentera de prendre le château de force que l’horreur se déchaînera…

Déjà vu

Les deux premiers tiers de Ghosts of War ont un ennuyeux air de déjà vu.

Des malheureux qui sont confrontés aux fantômes des anciens occupants d’un vaste manoir? Voilà qui ne réinvente absolument rien.

Oui, le concept est déplacé à une époque qui n’est pas réputée pour être le théâtre de films d’horreur. Mais encore là, c’est du déjà vu, notamment dans The Bunker (2001), Overlord (2018), Dead Snow (2009), The Devil’s Rock (2011), 1942 (2005) et Shockwaves (1977), sans parler d’une certaine louve des SS…

Remarquez qu’il n’y a rien de bien surprenant à ce que le scénario ait une odeur de réchauffé quand on sait que le film a été écrit et réalisé par Bress, qui a tourné The Butterfly Effect (2004) et pondu le scénario des deux premiers épisodes de la saga The Final Destination (2009).

Sauf que…

En littérature, le dicton dit qu’on ne doit pas juger un livre par sa couverture.

Dans le cas de Ghosts of War, on pourrait adapter l’adage et dire qu’on ne doit pas juger le film à ses 70 premières minutes.

Parce que c’est à ce moment que Bress nous lance une des balles courbes les plus tordues des dernières années.

Un retournement de situation absolument impossible à prévoir – même si les indices étaient là – et pas toujours subtils.

On est pris de court, pas de doute. Le hic, c’est que la justification pour cette tournure inattendue est totalement ridicule.

Le scénariste a beau l’expliquer et enrober le tout d’un climat de tension, je n’ai pas du tout acheté l’idée.

Il y a peut-être une métaphore sur la culpabilité quelque part dans le film, mais si c’est le cas, elle est tenue.

Pour moi, c’est simplement un cas de réalisateur qui est prêt à dénaturer son oeuvre uniquement pour surprendre son auditoire.

Bref, bravo pour l’effort. Mais pour l’exécution, on repassera.

(Deux étoiles sur cinq)