Parole de ministre

Depuis que Robert Gauvin a claqué la porte du cabinet de Blaine Higgs en février, nous avons appris que la parole d’un ministre ne vaut parfois pas grand-chose dans ce gouvernement.

Durant la dernière campagne électorale, M. Higgs a révélé que son gouvernement ne remplacerait finalement pas le pont qui relie Shippagan à l’île de Lamèque. Pourtant, le chef du Parti progressiste-conservateur avait laissé le candidat Gauvin faire campagne sur la construction de ce pont deux ans plus tôt. Pire encore, une fois au pouvoir, le premier ministre Higgs avait laissé le ministre Gauvin, que dis-je, le vice-premier ministre Gauvin, annoncer la construction à venir de ce pont.

Lorsqu’il a annoncé sa volte-face il y a quelques mois, M. Higgs s’est défendu en disant que la construction du pont était une promesse de Robert Gauvin et pas une promesse de son gouvernement.

Cette semaine, on apprenait que les 200 000$ promis par l’ex-ministre Gauvin pour réaliser les plans et devis du nouveau pont du sentier d’Inkerman ne faisaient plus partie des intentions du gouvernement provincial.

L’absence d’un ministre, en raison d’une démission, d’une défaite électorale ou d’un départ à la retraite, ne devrait pas servir d’excuse à un gouvernement tout entier pour renier ses promesses. Si Daniel Allain démissionnait demain matin, Blaine Higgs se servirait-il de son départ pour renoncer à la réforme municipale tant attendue à Saint-Jean?

M. Higgs pourrait être tenté de s’expliquer en prétendant que Robert Gauvin s’en donnait à cœur joie pour faire toutes sortes de promesses sans en discuter d’abord avec le cabinet (rien ne prouve que c’était le cas), mais ce serait une excuse bien insuffisante. Le premier ministre doit se porter garant de ses ministres ou les rappeler à l’ordre quand ils s’emballent. Si un ministre fait de fausses promesses et que le premier ministre n’intervient pas, il se fait complice de son ministre. À quoi bon sinon avoir des ministres?