Les coups de cœur culturels 2020 de Sylvie Mousseau

Boîte aux lettres, Les Hay Babies

Ce troisième opus du trio indie folk acadien est ravissant. Viviane Roy, Julie Aubé et Katrine Noël nous offrent un voyage dans le temps avec cet album concept inspiré par la correspondance d’une femme, Jackie, à sa mère. Elles ont travaillé pendant deux années à la création de cette biographie fictive musicale de 11 pièces qui traverse plusieurs univers sonores en renouant avec leurs origines folk et les harmonies vocales. Un grand coup de cœur pour ce disque qui a remporté trois prix Musique NB et finaliste à l’ADISQ.

Greatest Hits, Vol.1, P’tit Belliveau

Le premier album de P’tit Belliveau arrive en tête de liste des belles découvertes de l’année 2020. Original et ingénieux, l’auteur-compositeur-interprète de la Baie Sainte-Marie sort des sentiers battus. Mon coup de cœur pour ce disque va bien au-delà des prix qu’il a récoltés. Greatest Hits Vol.1 nous entraîne dans des ambiances musicales et des sonorités hors du commun. Il arrive à marier le banjo et les sonorités électroniques tout en explorant le quotidien de son coin de pays avec une bonne dose d’humour. Son album s’est retrouvé sur la longue liste du prix Polaris en plus de recevoir un Félix à l’ADISQ.

Acadie Road: un road trip musical et poétique

Forcé par la pandémie à revoir ses façons de faire, le Festival Acadie Rock a eu l’idée de créer une production à l’image du territoire de l’Acadie en le parcourant dans tous ses recoins à travers la musique de plusieurs artistes et la poésie de Gabriel Robichaud. Une idée fabuleuse dirigée par le réalisateur Kevin McIntyre. Au lieu de présenter le traditionnel spectacle télévisuel sur scène, ils ont choisi de voyager. Plus de 60 artistes en danse, en poésie et en musique se sont produits dans diverses régions de l’Atlantique et de la Louisiane au cours de cette célébration spéciale de la Fête nationale de l’Acadie diffusée sur les ondes de Radio-Canada.

Concert 360 de Monique Poirier et George Belliveau

Pour l’émotion, la simplicité et l’authenticité de ce rendez-vous entre deux artistes de cœur, je leur lève mon chapeau. Avec ce premier concert 360 au Théâtre Capitol, exigeant sur le plan technique, le duo a réussi à créer un contact avec les 400 spectateurs en ligne. La salle avait été réaménagée pour que les artistes puissent voir les spectateurs sur un écran géant en fond de scène. Ils ont offert un tour de chant acoustique convivial et plein de spontanéité composé des pièces de leur répertoire et de réinterprétations, laissant toute la place aux voix. Une belle complicité unit ces deux artistes.

Les Foley, Annie-Claude Thériault

Il y a de ces livres qui laissent leurs empreintes profondément et c’est le cas du roman Les Foley qui suit le parcours jusqu’en Acadie d’une famille irlandaise, à travers le portrait de six femmes. J’ai tout simplement adoré cette fresque historique qui aborde la puissance de la filiation. Un récit qui m’a séduit du début à la fin. Annie-Claude Thériault est décidément une grande romancière qui a une œuvre singulière bien à elle. Elle a le tour de créer des personnages d’une grande vérité.

Vanités, Émilie Turmel

Avec Vanités, la poète de Moncton nous offre une belle fenêtre sur son monde poétique qui porte sur le legs de la mère. Un thème qui me touche particulièrement. La poète qui propose notamment une remise en question des modèles féminins et des critères de beauté a une écriture fine, sensible, percutante et lumineuse. Émilie Turmel qui est aussi la directrice du Festival Frye signe son deuxième recueil, le premier étant Casse-gueules.

Les légendes de la demoiselle, Marjolaine Bourgeois

Cette nouvelle exposition de Marjolaine Bourgeois présentée à la Galerie Sans Nom, cet été, nous a transportés dans les Îles-de-la-Madeleine de son enfance. Des œuvres colorées qui font sourire, évoquant les paysages, la faune et la flore de cet archipel au centre du golfe du Saint-Laurent. Nous sommes rapidement subjugués par ces tableaux inspirés de ses souvenirs d’enfance. Au lieu de raconter des légendes, Marjolaine Bourgeois les brode sur des tissus en utilisant également la photographie et des techniques de transfert d’images. Le résultat est magnifique.

Le projet de république acadienne, Mario Doucette

Les p’tits Louis, pièce d’une piastre officielle de la République acadienne, créés par Mario Doucette. – Gracieuseté

L’artiste de Moncton ne manque jamais de nous étonner avec ses œuvres qui revisitent l’histoire acadienne de façon inattendue et très originale. Cette fois, il a créé le projet de République acadienne avec sa propre monnaie et ses timbres postes à l’effigie de personnalités historiques et contemporaines de l’Acadie. Il a joint à cela un certificat d’allégeance à la Couronne britannique. Les gens peuvent donc se procurer ces objets d’art à travers un site web de sociofinancement.

Plus haut que les flammes, Monique LeBlanc

La cinéaste Monique LeBlanc. – Gracieuseté: Bernard Fougères

Documentaire sur le poème-fleuve de Louise Dupré, Plus haut que les flammes saisit par la qualité de son propos, de ses images et de sa musique. La cinéaste acadienne a filmé dans plusieurs régions du monde, des camps d’Auschwitz et Birkenau jusqu’au Canada en passant par la Louisiane, le Nicaragua et l’Ukraine. Impossible de rester insensible devant ces images qui revisitent les lieux de l’une des pires atrocités de l’histoire humaine qui défilent devant nos yeux. À partir de ce magnifique cri du cœur poétique, Monique LeBlanc a créé une adaptation cinématographique émouvante qui fait ressortir la lumière de l’enfance.

Une façon d’être ensemble, Francine Hébert

Une scène du documentaire Une façon d’être ensemble de Francine Hébert. – Gracieuseté

Francine Hébert a suivi la Famille LeBlanc pendant plusieurs mois de l’Acadie jusqu’en France. La réalisatrice nous offre une incursion privilégiée dans la réalité de cette famille de Tétagouche Nord qui a placé la musique traditionnelle au centre de son quotidien. J’ai apprécié le fait qu’elle nous fasse vivre les hauts et les bas de la famille. Ce n’est pas tout beau tout rose. Bien des défis attendent les trois jeunes filles et leurs parents pour arriver à accomplir leurs rêves. La détermination, la transmission de l’héritage musical, la discipline et le sens de la vie familiale traversent cette œuvre intimiste qui, rappelons-le, a été primée au FICFA.

Les Newbies – volet numérique – saison 2

Luc LeBlanc, Christian Essiambre et André Roy des Newbies en voyage à Montréal. – Gracieuseté: Nancy Ripeau

La composante numérique de la deuxième saison de la comédie télévisée a constitué un complément incontournable au deuxième chapitre des aventures des Newbies. Cette fois, la réalité a dépassé la fiction. Pour tourner le volet web, le sympathique trio formé de Luc LeBlanc, André Roy et Christian Essiambre s’est rendu à Montréal afin de vivre un peu ce que les personnages traversent dans la série et tenter leur chance dans le milieu de l’humour. Les gens ont pu suivre leur périple à travers une série de 13 capsules web interactives plus loufoques les unes que les autres. Elles témoignent aussi de la spontanéité de ces humoristes à la répartie facile.

Le vidéoclip Chanson de bord de mer, Sandra LeCouteur

Tirée de son nouvel album Les Cormorans, Chanson de bord de mer a fait l’objet d’un vidéoclip réalisé par Chris LeBlanc d’après une idée originale de Julien Cadieux. Cette magnifique chanson écrite par Gilles Bélanger sur une musique de Pierre Flynn interprétée par la chanteuse acadienne nous entraîne dans un tango incarné par les comédiens Elianne Kerry, Marc-Hervé Sonier et Marie-Lorie Plourde. Bien plus qu’un simple vidéoclip, Chanson de bord de mer a été produit comme un court métrage avec une trame narrative et une belle qualité d’image. En 2020, Sandra Le Couteur a lancé un 4e album Les Cormorans bercé par la mer et la poésie qui navigue à travers une large gamme d’émotions.