Wonder Woman 1984: une suite qui n’a rien de merveilleux

En juin 2017, la réalisatrice Petty Jenkins a ébranlé la planète cinéma en livrant Wonder Woman, le premier film à mettre en vedette une super-héroïne. L’attendue suite de ce jalon historique, Wonder Woman 1984 (en salles depuis le 25 décembre), n’est malheureusement pas à la hauteur des attentes. Loin de là.

Wonder Woman 1984 nous propulse dans les années 1980, 66 ans après les événements du film original. Évidemment, l’Amazone Diana Prince (Gal Gadot) n’a pas pris une ride. Elle travaille maintenant dans un musée de Washington et demeure affectée par le décès du pilote Steve Trevors (Chris Pine).

La vie routinière de Diana s’agite un peu quand une étrange sculpture est découverte. Cet artefact a soi-disant le pouvoir d’exaucer le vœu le plus cher de celui qui la tient.

Sans trop d’attentes, Diana souhaite que Steve ne soit pas mort. Dans le temps de le dire, son voeu est exaucé.

La paix mondiale sera toutefois gravement menacée quand un magnat du pétrole du nom de Maxwell Lord (Pedro Pascal) utilisera la sculpture pour s’arroger sans cesse plus de pouvoirs et de puissance…

Pas à la hauteur

Impossible de dire les choses autrement: Wonder Woman 1984 n’arrive pas à la cheville de Wonder Woman.

Pour commencer, les scènes d’action sont peu nombreuses et sont loin d’être aussi épiques. Difficile de croire que les deux films ont été tournés par la même personne…

À un certain moment, on est même 75 minutes sans voir Diana en action!

Le scénario du film est léger et inutilement étiré. Mais pire encore, Wonder Woman 1984 n’a pas grand-chose à dire malgré ses 150 minutes.

Bref, beaucoup de blabla, trop peu d’action et un humour à peu près inexistant.

Gadot désintéressée

Tout ça serait tolérable si Wonder Woman était formidable. Ce n’est malheureusement pas le cas. Diana ne fait preuve d’absolument aucun charisme. Elle n’est pas l’ombre de la femme positive, allumée et déterminée que l’on a vue jusqu’ici dans trois autres films de l’univers DC.

L’Amazone a plutôt l’air d’une adolescente renfermée qui vit sa première peine d’amour (depuis 66 ans…). Difficile d’appuyer un bon film sur un personnage aussi léthargique.

En fait, Gal Gadot a l’air totalement désintéressée et se fait voler la vedette dans chaque scène par une Kristen Wiig bien plus pétillante.

Quant à Pascal, son personnage ressemble à une caricature de Lex Luthor: un mégalomane qui souhaite détruire le monde à son profit. Heureusement, un Pascal motivé et énergique offre une performance exaltante dans un rôle qui aurait pu être beaucoup mieux écrit.

Dans une année où les films événements ont été carrément anéantis, il est décevant de constater que le plus attendu de tous est aussi générique et peu inspiré.

(Deux étoiles et demi sur cinq)

 

Soul: un joyau signé Pixar

Repoussé trois fois, pandémie oblige, le lancement en salles du petit dernier des studios Pixar, Soul, n’a finalement jamais eu lieu. C’est donc dire que depuis le 25 décembre, seuls les abonnés à Disney+ peuvent découvrir cette exceptionnelle fable d’animation sur la vie et son caractère précieux.

Joe (la voix de Jamie Foxx dans la version originale) est un pianiste qui souhaite devenir célèbre.

Malheureusement, Joe n’arrive pas à percer et, pour assurer sa subsistance, enseigne la musique à temps partiel dans une école secondaire.

Un jour, la chance frappe: on lui offre de remplacer au pied levé le pianiste d’un populaire quartet. Joe est convaincu qu’il s’agit là l’occasion d’enfin donner un sens à sa vie.

Le musicien est toutefois victime d’un accident avant le spectacle. Par erreur, son âme est transportée dans un lieu éthéré, une espèce de centre dans lequel les âmes développent leur personnalité et leurs passions avant d’être envoyées sur Terre dans un enfant nouveau-né.

Sur place, il fera la connaissance de 22 (Tina Fey), une âme revêche qui, depuis des siècles, refuse de développer les compétences nécessaires pour amorcer sa vie mortelle.

Ensemble, Joe et 22 effectueront un parcours spirituel éclairant lors duquel chacun en apprendra énormément sur le privilège de la vie.

Brillant

Je pourrais m’attarder sur de longs paragraphes à la beauté des images de Soul. Mais si vous connaissez moindrement le catalogue des œuvres de Pixar, vous vous doutez déjà que la qualité de l’animation est inégalée.

Je préfère donc plutôt vanter les louanges d’un scénario étoffé, amusant et rempli de petites pépites de sagesse.

Soul peut en effet être comparé à un bocal de biscuits chinois: il multiplie les inspirantes leçons de vie.

En ce sens, c’est probablement le plus adulte des 23 films produits par Pixar depuis ses débuts, il y a 25 ans. Le ton de Soul ressemble beaucoup plus à celui d’Inside Out (2015) et Coco (2017) qu’à celui de Toy Story (1995), Cars (2006) ou Finding Dory (2016).

Les enfants, même s’ils ne capteront pas toutes la richesse philosophique du film, risquent toutefois de l’apprécier. Un très long passage dans lequel l’âme de Joe se retrouve par erreur dans un chat est en effet désopilant.

Au final, Pixar frappe un autre grand coup: par le biais d’une histoire simple, universelle et pleine d’humanité, le studio nous rappelle que la vie est une succession de précieux petits moments et qu’il n’est jamais trop tard pour apprendre à savourer chacun d’entre eux.

(Quatre étoiles et demi sur cinq)