Annus horribilis

L’année de misère qui se termine, nous a tous exposés à nos vulnérabilités. Tant au niveau économique, social ou encore dans nos vies personnelles, nous avons été habités par la peur de l’inconnu.

Pour ceux et celles de notre génération, surnommés les boomers, nous voilà confrontés à notre première véritable crise. Alors que la génération précédente, a dû subir coup sur coup, la Première Guerre mondiale, la grippe espagnole, la crise économique des années 30, suivie de la Seconde Guerre, voilà que nous nous retrouvons dans la pandémie la plus importante depuis un siècle.

Issue d’une génération privilégiée, on nous a demandé

de la discipline et des sacrifices, au nom de la responsabilité sociale. II n’en fallait pas plus pour certaines personnes qui, au nom de la liberté individuelle, furent récalcitrantes à se plier à ces exigences prescrites par les autorités.

Nous resterons marqués par l’engagement de notre communauté culturelle et les artistes qui la composent et qui nous ont accompagnés durant ces sombres moments par de nombreuses prestations, via les médias sociaux. Ce fut un baume de les entendre et de les voir performer, signe évident que notre communauté en ces moments de crise peut encore nous offrir ce qu’elle a de mieux. Nous disons bravo à tous ces artistes et créateurs.

Un autre témoignage éloquent de notre résilience est le travail impressionnant des travailleurs et travailleuses de la santé qui jour après jour n’ont pas hésité un instant à nous offrir dans des conditions très difficiles des services de grande qualité. Je souligne également le travail de la Dre Jennifer Russell qui a su offrir aux Néo-Brunswickois un leadership sans pareil en nous offrant de l’information pertinente et ce, de façon quotidienne.

Avec la venue des vaccins, et la fin éventuelle de la pandémie, notre regard sur la vie et nos comportements seront certes différents.

Comment dans ce contexte nos régions, sauront-elles relever les défis apportés par la crise la plus importante de notre génération.

Depuis plusieurs années, la ruralité qui est le propre d’une partie de nos lecteurs, est devenue synonyme de fermeture d’école, de démolition d’église, de disparition de Caisse populaire, quand ce n’est pas simplement l’exode de nos jeunes vers les grands centres. De cet amas de nuages, nous pouvons percevoir un peu de lumière dans des initiatives récemment proposées. Je fais référence ici aux élus municipaux de la Péninsule acadienne, notamment le maire de Lamèque Jules Haché qui lance un chantier pour la création d’un forum sur la ruralité.

Dans l’espoir que cette réflexion suscite partout dans la province une mobilisation qui, espérons-le, mènera à des consensus sur les actions à prendre pour garantir notre avenir. Plus que jamais, nos gouvernements devront être partenaires de ce chantier, car le statu quo n’est plus acceptable.

À tous nos lecteurs, je vous souhaite une bonne et heureuse année. Continuez d’appuyer le seul quotidien de langue française en Acadie.