Les coups de cœur culturels de Pascal Raiche-Nogue

Le journaliste Pascal Raiche-Nogue, basé à Moncton, vous présente aujourd’hui ses coups de cœur culturels en 2020. Une liste qui part un peu dans toutes les directions, comme à l’habitude.

1 – Virginie Despentes

J’ai découvert cette autrice française après tout le monde. Le premier tome de la trilogie Vernon Subutex – paru en 2015 – a été ma gateway drug. Ce livre, qui raconte les péripéties hallucinantes d’un ancien disquaire de Paris, m’a complètement bouleversé. J’ai ensuite lu tous les autres romans de Despentes en quelques mois. Son style est cru, sensible et tellement vrai. Ça m’a frappé droit au cœur. Son essai féministe King Kong Théorie est aussi excellent.

2 – Idles – Ultra Mono

Mon collègue Mathieu Roy-Comeau, qui a à peu près les mêmes goûts musicaux que moi, m’a parlé du groupe rock anglais Idles à plusieurs reprises en 2020. J’ai essayé à quelques reprises d’écouter leur musique, mais ça ne m’a pas vraiment fait quoi que ce soit. Lorsque l’album Ultra Mono est sorti en septembre dernier, ç’a cliqué pas à peu près. C’est pas compliqué; ça torche. Les paroles sont hyper intéressantes. J’ai ensuite réécouté leur discographie et «compris» leur musique. Je l’écoute régulièrement depuis.

3 – Lambert

Pendant un voyage en Europe à la fin 2019, mes parents sont allés voir le pianiste allemand Lambert en concert. C’est comme ça que je suis tombé sur cet artiste incroyable, qui porte un mystérieux masque sur scène. J’ai dû écouter ses albums mille fois au cours de la dernière année tellement j’aime ça. La plupart de ses enregistrements sont instrumentaux. C’est d’une grande beauté. Parfait pour des matins doux ou pour travailler.

4 – Le FICFA 2020

Méchant défi que celui d’organiser un festival de cinéma en pleine pandémie. L’équipe du Festival international du cinéma francophone en Acadie a réussi ce tour de force l’automne dernier. Elle a organisé des représentations en salle pendant quelques jours et ensuite des projections numériques de grande qualité sur le web. Pour une première, ça s’est vraiment bien passé. Bonus; la programmation était super intéressante. Chapeau.

5 – Richard Daigle

@ricardo.daiglo

Cet artiste visuel originaire du Nouveau-Brunswick – et que j’ai surtout connu comme musician à Moncton – est établi à Montréal depuis quelque temps. Son style de dessin est hyper unique. Il sature le papier de couleurs très denses et fait tout à la mitaine. C’est lui qui a fait la pochette de l’album de Jacques Surette. Ça sort du lot. J’adore ça. Sur Instagram: @ricardo.daiglo

6 – Steph Babineau

@illustrations.by.steph

Cette artiste de Moncton crée des œuvres numériques super détaillées et intéressantes. Les images qu’elle crée sont souvent à la fois sexy et macabres. Par exemple, une médecin de la peste dont on peut voir les fesses dans un miroir. Ou l’image d’une lutine de Noël qui danse sur un poteau devant une affiche en néon sur laquelle on peut lire «North Pole» (un jeu de mot sur le fait que le mot «pole» signifie à la fois poteau et pôle en anglais). Sur Instagram: @illustrations.by.steph

8 – The Last of Us

Je suis tombé en amour avec le jeu vidéo The Last of Us (sorti en 2013) cette année. L’action se déroule aux États-Unis après l’éclatement d’une pandémie. Le personnage principal est contrebandier chargé d’accompagner une adolescente (qui est immunisée au virus) à travers le pays. La musique est sublime et les images sont époustouflantes. Tout est parfait. The Last of Us 2 est sorti en 2020 et est encore plus exceptionnel. Si vous aimez les jeux vidéo et que vous n’avez pas essayé ça, c’est vraiment deux incontournables. De véritables œuvres d’art.

9 – Chelsea Gauvin

@chelseagauvin

Cette artiste visuelle de Moncton a attiré mon attention cette année avec ses œuvres particulièrement weird. Elle utilise divers médiums, tels que la peinture, le dessin et le collage pour créer des images assez particulières et même un brin lugubres. Sur Instagram: @chelseagauvin

10 – Charlotte Brumwell

La tatoueuse Charlotte Brumwell (@Gin.Wolf sur Instagram) est l’une des artistes qui m’intriguent le plus dans les provinces de l’Atlantique. Elle crée des œuvres à l’encre noire qui sont vraiment exceptionnelles. Quand les choses se seront calmées et que l’on pourra à nouveau se rendre à Halifax pour des raisons non essentielles, j’ai l’intention d’aller la voir pour qu’elle me dessine un peu sur la peau.

11 – Petrol Girls

Ce groupe post-hardcore féministe austro-anglais a une place spéciale dans mon cœur. J’ai eu l’occasion de le voir en concert quatre fois en 2019 et en 2020, à Paris et à Amsterdam. Chaque fois, ce groupe m’impressionne. Ses paroles sont superbes. Sa présence sur scène est hallucinante. Et sa musique varge.