Ces petites bêtes qui enrichissent nos vies

Dans cette chronique, je vous propose de découvrir un essai sur le deuil animalier et le nouvel album du Fransaskois Lord Byrun, qualifié de drôle d’animal dans le paysage musical. En écoutant son disque, vous comprendrez pourquoi.

La vie sans Boris, Stéphanie Bérubé, Joël Bergeron

Peut-être vous est-il déjà arrivé d’entendre, lors du décès d’un animal, quelqu’un dire, c’était juste un chien ou un chat. Mais la perte d’un animal de compagnie engendre un véritable deuil, parfois difficile, comme en témoigne cet essai sur le deuil animalier. Il faut apprendre à vivre avec l’absence d’un être qui occupait une grande place dans notre vie. La journaliste Stéphanie Bérubé et le vétérinaire Joël Bergeron explorent ce sujet délicat avec finesse et sensibilité par les témoignages de gens qui ont vécu la perte de leur compagnon. Étant elle-même très attachée à ses chiens, l’auteure aborde le sujet à partir de son expérience personnelle, celle de la mort de son chien Boris et de sa chienne Muscade. À cela s’ajoute l’expérience professionnelle du vétérinaire qui vient enrichir le contenu.

«Le deuil animalier est-il différent du deuil vécu à la perte d’un proche, d’un ami ou d’un parent?», soulève l’auteure. Non et oui, répond celle qui convient que le sujet est sensible. Elle rappelle que l’absence d’un animal qui partageait notre quotidien se compare à n’importe quelle absence. «La perte crée un vide.» L’essai qui se déploie en plusieurs chapitres explore différentes thématiques. Il y a, entre autres, un chapitre sur les enfants qui doivent accompagner leur animal en fin de vie.

Ce livre s’adresse à ceux qui aiment les animaux. Ponctué de récits vécus, il vient aussi répondre à une foule de questions notamment sur le vieillissement des animaux, l’accompagnement, les doutes que l’on peut avoir quand il s’agit de prendre la décision d’euthanasier un animal, la préparation du deuil et les rituels. C’est un essai lumineux qui, à certains égards, suscite des réflexions sur toutes les formes de deuil, peu importe le nombre de pattes de l’être cher. Pour avoir vécu la perte d’un animal de compagnie par le passé, j’ai eu envie de lire ce livre qui fournit des points de vue très éclairants, même aux plus sceptiques. (Les Éditions La Presse, 2020). ♥♥♥♥

Je suis un animal magique, Lord Byrun

Drôle de bibite, ce Lord Byrun. En écoutant sa musique, on pense tout de suite au mot liberté. Celui qui a déjà dit en entrevue que les animaux peuvent nous en apprendre sur la vie fait référence à l’animal humain sur son album. L’artiste de Regina (Byrun Boutin-Maloney de son vrai nom) a sorti deux disques en l’espace de quelques mois, dont le plus récent, Je suis un animal magique, paru à la fin de 2020. Avec 11 titres, dont la majorité en français, ce nouvel opus s’adresse tout particulièrement au public francophone. L’auteur-compositeur-interprète fransaskois qui a remporté la finale du Festival international de la chanson de Granby en 2018 arrive tel un tsunami dans le paysage musical. Il se démarque en poussant la chanson francophone en dehors des sentiers battus, ne cherchant pas à imiter les voix déjà existantes.

Mélange de folk, de funk, de groove, de jazz et de rock se situant entre Bob Dylan et Talking Heads (c’est ainsi qu’il se décrit), sa musique qui navigue à travers diverses influences est éclectique, voire déroutante à certains égards. Sur ce deuxième disque plus réussi que le premier, il reprend quelques pièces de son premier effort Spirits Animal, tout en y intégrant de nouvelles compositions. Avec des textes audacieux parfois sombres sur la condition humaine, il nous propose des univers musicaux qui bougent, tantôt planants tantôt captivants. Sa voix un peu éraillée teintée d’imperfections est plus parlante que chantante. Sur ce disque, vous y retrouverez même une version folk trash de V’là l’bon vent. Ça vaut la peine d’écouter son disque du début à la fin pour vraiment l’apprécier. Ce nouveau venu sur la scène musicale laisse présager un avenir prometteur. ♥♥♥½