Les autobus et la santé

On sait toujours bien peu de choses sur la réforme de la santé que veut effectuer Blaine Higgs. Le premier ministre a cependant laissé entendre avant les Fêtes que les Néo-Brunswickois ne devraient pas rechigner à l’idée d’avoir à conduire davantage si cela leur permet d’obtenir un meilleur service plus rapidement. C’est notamment la logique derrière la centralisation des chirurgies de remplacement de la hanche et du genou à l’hôpital St. Joseph de Saint-Jean. Il s’agirait apparemment d’une meilleure utilisation des ressources.

Conduire plus longtemps pour obtenir certains soins de santé peut représenter un ennui passager pour certains, mais un obstacle insurmontable pour d’autres. Cela dépend entre autres si l’on possède une voiture et un emploi dont on peut s’absenter sans trop de difficultés. Cela peut aussi nécessiter les moyens financiers de passer une nuitée ou plus à l’hôtel.

Pour ceux qui n’ont ni voiture ni ami ou membre de la famille capable de les conduire à l’hôpital dans une autre région, cela veut aussi dire recourir au service de Maritime Bus. C’est pourquoi il était surprenant d’apprendre cette semaine que le gouvernement de M. Higgs a refusé à l’entreprise la subvention qui lui aurait permis de maintenir ses trajets dans le nord de la province malgré la pandémie de COVID-19.

La précarité du service de transport interurbain au Nouveau-Brunswick ne date pas d’hier. On se souviendra que le prédécesseur de Maritime Bus, Acadian Lines, a mis fin à ses activités en 2012 pour des raisons financières.

Le service est aussi loin d’être parfait. Il ignore notamment depuis longtemps des régions entières comme la Péninsule acadienne.

Il y a fort à parier qu’avoir à conduire plus longtemps pour obtenir certains soins de santé ne fera pas l’affaire de nombreux Néo-Brunswickois. Les plus démunis risquent toutefois d’avoir carrément à renoncer à ces soins si Fredericton n’intervient pas pour sauver le système d’autobus.