The Midnight Sky: un film qui se cherche

Les attentes étaient grandes envers The Midnight Sky (Netflix), un film de science-fiction tourné par George Clooney. Si l’oeuvre est visuellement impressionnante, l’ensemble manque beaucoup de fini.

Dans The Midnight Sky, Clooney interprète Augustine Lofthouse, un scientifique qui a découvert qu’une des lunes de Jupiter dispose des caractéristiques pour être habitée par l’Homme.

Des années plus tard, en 2049, Lofthouse est un homme usé, qui réside dans une station d’observation du cercle polaire et qui survit grâce à des transfusions de sang quotidiennes.

Il vit seul, l’équipe de la station ayant été évacuée après qu’une catastrophe ait rendu la vaste majorité de la Terre inhabitable.

Lofthouse se trouve toutefois une raison de vivre quand il découvre qu’une équipe de scientifique est en route vers la Terre après avoir visité et évalué le potentiel de la fameuse lune de Jupiter. Le plan de Lofthouse: contacter l’équipage pour lui faire comprendre qu’un retour sur Terre équivaut à une mort certaine.

Pour ce faire, par contre, Lofthouse doit traverser l’immensité et le froid de l’Arctique afin de se rendre dans une station où l’antenne est assez puissante pour transmettre son message. Un voyage qui n’est pas sans périls…

Quel genre?

Sur papier, The Midnight Sky est une fable intéressante sur l’espoir et la capacité de l’humain à surpasser ses limites physiques et intellectuelles. Sur pellicule, toutefois, c’est moins glorieux.

Clooney emprunte à de nombreuses oeuvres telles The Revenant (2015), The Grey (2011), Interstellar (2014), Ad Astra (2019), Moon (2009), Sunshine (2007) et Gravity (2013). Il met tout ça dans le mélangeur et… bof.

The Midnight Sky touche à un paquet de sous-genres de la science-fiction (survie, post-apocalyptique, contemplatif, suspense), sans vraiment innover. Peut-être que l’idée était de combiner tous ces styles pour créer quelque chose d’unique. Si c’est le cas, c’est plutôt raté, parce que le récit en souffre gravement.

On a en effet droit à un film qui aborde tellement d’idées qu’il ne parvient pas à les développer.

Pour un film tourné pour Netflix, les effets spéciaux sont en très grande majorité convenables. Clooney fait aussi preuve d’un bel oeil en nous offrant des combinaisons d’images très poétiques. L’attention aux détails des décors est de plus impressionnante.

Bref, techniquement, Clooney a fait le travail. Reste que les enjeux auraient dû être mieux définis. Et le scénario davantage poli.

(Trois étoiles sur cinq)

 

Antebellum: quelques éclats de génie noyés dans la controverse

Depuis le début de la pandémie, le film d’horreur Antebellum (Amazon Prime) a été un des six plus loués dans le monde et certainement un des plus controversés.

Maintenant que le film est accessible gratuitement sur Amazon Prime (après avoir été offert en location sur demande depuis l’automne), je me suis dit que je jetterais un oeil sur cette oeuvre dont j’avais beaucoup entendu parler.

D’un côté, certains parlaient du pire film de l’année. D’autres criaient plutôt au génie.

Conclusion de mon visionnement: la vérité se situe, comment c’est souvent le cas, entre ces deux extrêmes.

Esclaves et Guerre de Sécession

Antebellum est un de ces films dont moins on en sait sur le scénario, plus il est facile de l’apprécier.

Je me contenterai donc de dire qu’il raconte l’histoire d’une femme noire, Eden, prisonnière d’un camp d’esclavagistes en pleine Guerre de Sécession américaine, et de Veronica, une sociologue contemporaine dont les idées sur les inéquités entre sexes et races dérangent autant qu’elles sont adulées.

L’excellente Janelle Monae (Moonlight, Hidden Figures) interprète les deux femmes.

La première partie du film se déroule dans le sud profond du milieu des années 1800 alors que la seconde a lieu à notre époque.

Pour ce qui est du troisième acte, impossible d’en dire plus sans gâcher la surprise.

Le génie

Il y a un paquet de trucs intéressants dans Antebellum, à commencer par le prologue, un long plan sans coupure de cinq minutes qui nous transporte sur le camp des esclavagistes.

Cette séquence met la table pour un film à la photographie très au-dessus de la moyenne.

Le scénario est de plus habilement structuré.

Le film marche également sur les traces de classiques récents comme Get Out (2017) et Us (2019) dans lesquels l’horreur est utilisée comme métaphore pour dénoncer le racisme systémique.

La controverse

Ce que Antebellum ne fait pas, par contre, c’est innover. Plusieurs lui ont d’ailleurs reproché d’utiliser la souffrance des esclaves noirs du 19e siècle à des fins de divertissement.

Parce que oui, Antebellum est un film dur. Mais il n’a pas nécessairement un regard nouveau à poser sur le racisme.

Us et Get Out sont d’ailleurs des films beaucoup plus subtils, qui nous font anticiper l’horreur (la marque des grands films d’épouvante) plutôt que de nous la montrer crûment, comme Antebellum.

Bref, un film dont le scénario nous fait cogiter sans pour autant nous pousser à nous poser des questions difficiles sur les relations raciales.

(Trois étoiles sur cinq)