Une année 2021 à surveiller

Plusieurs dossiers sont à surveiller en 2021 au Nouveau-Brunswick. Après avoir très bien géré la COVID-19, le gouvernement Higgs sera-t-il en mesure de vacciner la majorité de la population de la province d’ici l’été? Recevoir des vaccins du fédéral est une chose, les administrer en est une autre.

À quoi pourrait ressembler le premier budget du gouvernement majoritaire Higgs? Blaine Higgs va-t-il délier les cordons de la bourse pour relancer l’économie de la province où plutôt mettre le cap toute vapeur sur la lutte au déficit? L’économiste Richard Saillant est d’avis que c’est le moment pour le gouvernement Higgs de faire des investissements pour accroître la croissance économique.

Après avoir plongé son gouvernement dans une crise politique lors de l’annonce de la fermeture des urgences de nuit dans six hôpitaux ruraux, Blaine Higgs devra s’atteler à de nécessaires réformes dans le système de santé. Sa nouvelle ministre, Dorothy Shephard, pourra-t-elle livrer la marchandise?

La réforme de la gouvernance locale dirigée par le ministre Daniel Allain sera-t-elle à la hauteur des attentes. Les gouvernements libéraux et progressistes-conservateurs ont échoué lamentablement par le passé concernant cet enjeu. Le gouvernement Higgs va-t-il mettre en œuvre une réforme en profondeur comparable à celle du gouvernement de Louis Robichaud dans les années 1960 ou accoucher d’une souris? Nous aurons la réponse lorsque le ministre Allain va déposer son livre blanc l’automne prochain.

L’épineuse révision de la Loi sur les langues officielles devrait retenir l’attention au cours des prochains mois. Les représentants de la communauté acadienne y voient le moment de la bonifier alors que le People’s Alliance voudrait une révision à la baisse. Les élections provinciales de 2018 et celles de 2020 ont révélé une fracture linguistique avec un Parti libéral massivement appuyé par les francophones et un Parti progressiste-conservateur fortement rejeté par ceux-ci. Blaine Higgs pourrait plomber les chances de son parti de rebâtir des ponts avec la communauté acadienne si cette révision tourne au vinaigre.

L’année 2021 s’annonce décisive pour le parti libéral. Après avoir tout misé sur un chef non testé, les libéraux devront poser les jalons pour dénicher un nouveau leader pour remplacer Kevin Vickers. Au cours des 60 dernières années, deux chefs libéraux se sont démarqués, soit Louis Robichaud et Frank McKenna. Le premier grâce à son programme Chances égales pour tous a propulsé le Nouveau-Brunswick dans le XXe siècle. Le second a permis à la province de rayonner au niveau national avec une vigoureuse campagne pour y promouvoir des investissements. Qui se rappelle du slogan 1-800-McKenna?

Jamais dans son histoire le Parti libéral n’a été dirigé par une femme. Les libéraux pourraient-ils trouver la perle rare cette fois-ci? Un nom commence à circuler dans les coulisses. Il s’agit de l’ex-ministre fédérale de la Santé et députée de Moncton-Riverview-Dieppe, Ginette Petitpas Taylor. Après une rapide ascension politique, celle-ci a été exclue du cabinet Trudeau à la faveur d’un remaniement ministériel. Parfaitement bilingue et rompue au milieu politique, Ginette Petitpas Taylor sera à surveiller.