Pro-choix, puis après?

Le débat sur la motion de la députée libérale Isabelle Thériault concernant la Clinique 554 a démontré avant Noël qu’il existe une mer de différence chez nos élus entre être pro-choix et être pour un véritable accès équitable à l’avortement.

S’il y avait un vrai vote libre à l’Assemblée législative sur le droit des personnes avec un utérus à mettre fin à leur grossesse, il y a de bonnes raisons de croire qu’une mince majorité voterait par l’affirmative. Pourtant, le 18 décembre nous avons vu que plusieurs députés qui se disent pro-choix ne croient pas que l’accès à l’avortement est inadéquat dans cette province.

Plus de la moitié des députés a voté pour rendre la motion de Mme Thériault nulle et non avenue, mais pas un seul d’entre eux n’a osé se lever et dire qu’il est opposé à l’avortement. En 2014, lors d’un débat similaire, plusieurs députés progressistes-conservateurs avaient pris la parole pour signaler ouvertement leur dédain pour l’avortement. Cette fois, ceux-ci se sont contentés de dire que l’avortement est déjà suffisamment accessible au Nouveau-Brunswick à leur avis.

La députée Michelle Conroy de la People’s Alliance et la ministre Jill Green ont toutes les deux dit être pro-choix tout en votant pour les amendements visant à neutraliser la motion de Mme Thériault. Le ministre Dominic Cardy, qui affirme aussi être pour le droit des femmes de choisir, n’a pas participé au débat du 18 décembre. Le moment venu, il a suivi la ligne de son parti et a voté contre la motion originale.

Nous avons donc au Nouveau-Brunswick plusieurs politiciens qui sont pro-choix en théorie, mais qui ne croient pas nécessaire d’élargir l’accès à l’avortement au-delà de trois hôpitaux dans deux villes et de la pilule abortive si vous êtes suffisamment chanceux pour connaitre un médecin qui acceptera de vous la prescrire.

Le débat sur l’avortement évolue, mais la situation pour celles qui en ont besoin ne change pas, même avec une majorité de députés pro-choix.