Une révision à huis clos faute de mieux

Blaine Higgs a décidé que la révision de la Loi sur les langues officielles aurait lieu derrière des portes closes et il n’a peut-être pas tort.

Selon le premier ministre, il faut absolument que les témoignages se déroulent en secret pour que les gens puissent «parler franchement, honnêtement et de manière ouverte et personnelle sans aucune pression.» Il est difficile de voir autre chose dans cette affirmation qu’une volonté de protéger les détracteurs du bilinguisme officiel.

Après tout, pourquoi serait-on gêné de défendre publiquement une loi quasi constitutionnelle en vigueur depuis plus de 50 ans? Quelle pression risque-t-on de subir en proposant au grand jour des façons d’améliorer le contrat social de notre province?

Non. Ceux qui ont besoin de s’exprimer en privé, ce sont ceux qui pensent que la majorité est opprimée par la minorité au Nouveau-Brunswick ou que l’anglais est en voie d’extinction en Amérique du Nord. Ce sont eux qui croient qu’il existe un droit divin à travailler dans la fonction publique sans aucun égard aux qualifications requises.

Même si la révision de la Loi sur les langues officielles se déroule derrière des portes closes pour les mauvaises raisons, il s’agit probablement d’un moindre mal lorsque l’on considère l’autre possibilité. Pour qu’un tel processus se déroule en public sans dégénérer en véritable guerre linguistique, il faudrait que nos élus fassent preuve d’un engagement inébranlable envers le bilinguisme officiel et qu’ils soient prêts à le défendre à chaque tournant avec vigueur et aplomb. Il faudrait qu’ils indiquent clairement qu’en matière de langues officielles, on ne peut pas reculer, seulement aller de l’avant.

Malheureusement, les libéraux ont été incapables de le faire durant leur dernier mandat et absolument rien ne laisse présager que Blaine Higgs et son caucus sont capables de faire mieux ou même qu’ils ont envie d’essayer. Dans les circonstances, une révision à huis clos n’est probablement pas une si mauvaise idée.