The Dig: pour amoureux de la campagne anglaise seulement

Je ne suis pas un grand amateur des drames d’époque britanniques extrêmement statiques à la Downtown Abbey. Voilà probablement pourquoi, contrairement à la grande majorité des critiques, je n’ai pas vraiment aimé The Dig (Netflix).

Nous sommes en 1939, l’Allemagne nazie vient d’envahir la Pologne et la Grande-Bretagne s’apprête à entrer en guerre.

Dans le Suffolk, un comté de l’est de l’Angleterre, une riche veuve (Carey Mulligan) embauche un homme de sciences, Basil Brown (Ralph Fiennes), afin d’explorer ce qui se cache sous des petites collines sorties de nulle part sur son vaste domaine.

Brown met alors à jour un bateau datant du 7e siècle qui sert probablement de chambre funéraire à son propriétaire.

La découverte attire toutefois la convoitise. Et quand un archéologue délégué par la Couronne débarquera sur place, Brown sera menacé de perdre tout crédit pour ses travaux.

Très banal

Quand j’ai entendu parler pour la première fois de The Dig, j’ai fait des recherches pour en apprendre davantage sur le site archéologique dont il est question (qui porte le nom de Sutton Hoo).

J’ai été fasciné et j’attendais le film avec grande impatience pour en connaître davantage. Qu’est-ce que ce bateau faisait là? À qui appartenait-il? Quelles étaient les moeurs des habitants de cette époque?

Malheureusement, je n’ai pas eu de réponses à mes questions. Car voyez-vous, le site archéologique n’est qu’un prétexte dans ce film pour raconter à quoi ressemblait la vie d’avant-guerre dans la campagne anglaise – un sujet pourtant déjà abordé mille fois au cinéma et dans la littérature.

À mon avis, le sujet original du bateau aurait dû être le point central du film. Au lieu de cela, on a plutôt droit à l’histoire d’une veuve à la santé fragile qui craint la mort et à celle d’une jeune femme qui réalise qu’elle a marié un homosexuel.

C’est, disons, très banal.

On peut dire la même chose du thème central de l’oeuvre – que reste-t-il d’une personne une fois sa vie terminée.

Bref, The Dig est un film dans lequel il se passe bien de peu de choses et où le rythme évolue à pas de tortue.

Par chance, Fiennes et Mulligan – dont la cote à Hollywood est en pleine ascension ces derniers temps – sont vraiment très bons.

La campagne anglaise est aussi magnifique, je le concède. Et l’oeuvre déborde de sensibilité.

Le problème, c’est que cela ne suffit pas à faire de The Dig un incontournable.

Si les drames sans enjeu de l’époque d’avant-guerre sont votre truc, vous apprécierez peut-être l’oeuvre de Simon Stone (The Daughter).

Autrement, je vous conseille gentiment vous tourner vers autre chose.

(Trois étoiles sur cinq)

 

The Little Things: comme un banal épisode de CSI

Ne s’attaque pas au thriller criminel qui veut. John Lee Hancock (The Blindside), pourtant un excellent cinéaste, en fait la preuve dans The Little Things (Crave), un film sans éclat.

Los Angeles, octobre 1990. Joe Deacon (Denzel Washington) est un policier qui a été démis de ses fonctions d’enquêteur après une gaffe survenue il y a quelques années. Il est depuis obsédé par l’affaire qui lui a coûté son poste.

Un jour, par hasard, Deacon apprend qu’un meurtre dont le mode opératoire ressemble à celui du tueur qui le hante a été commis.

Il prend donc congé et offre son aide non officielle à l’enquêteur Jim Baxter (Rami Malek).

À force de poser des questions, les deux hommes finissent par cibler un suspect: Albert Sparma (l’excellent Jared Leto). Or, Sparma a plus d’un tour dans son sac et il a envie de jouer avec Deacon et Baxter…

Ennuyeux

Dans mon résumé du film, j’ai failli ajouter, dans le paragraphe qui précède celui-ci, que le suspect et les enquêteurs se lançaient dans «un jeu de chat et de souris». C’est bien le cas. Le problème, c’est que le rythme du film est tellement lent qu’on devrait remplacer le chat par une tortue et la souris par un escargot.

Je n’ai rien, généralement, contre les films lents. Ce qui m’a déçu avec The Little Things, c’est que son intrigue m’a laissé totalement indifférent.

C’est un film policier extrêmement cérébral et pompeux qui emprunte à quelques classiques (Seven, Taking Lives) et qui ne fait preuve d’absolument aucune imagination.

Les 45 premières minutes sont cryptiques. On sent qu’il y a un truc louche que le scénariste refuse de nous partager.

On se doute que le sujet va finir par être abordé plus tard dans le film, que ce sera la grosse révélation. On attend. Et finalement, quand la vérité est dévoilée, on reste totalement sur notre faim.

Pire, à un moment donné, l’identité du tueur devient soudainement secondaire, le récit se concentrant sur les actions des deux enquêteurs, qui sont teintées de gris.

Bref, une fois le générique venu, solidement assommé par un scénario banal qui tire dans toutes les directions, on se soucie bien peu de qui a tuer qui.

En fait, The Little Things n’est pas plus intelligent, palpitant ou moralement ambigu qu’un épisode générique de CSI. Compte tenu du talent impliqué, il s’agit là du vrai crime.

(Deux étoiles et demi sur cinq)