Red Dot: un suspense unique

Je ne sais pas si c’est le fait de vivre si près du cercle polaire, mais les Scandinaves sont les champions du monde des récits noirs. On en a une autre preuve avec Red Dot (Netflix), un suspense suédois extrêmement intense.

Je ne suis pas un expert du cinéma scandinave, mais j’apprécie la télévision et, surtout, la littérature qui nous vient de cette enneigée partie de la planète.

Ma bibliothèque déborde (littéralement) de polars des Mankell, Läckberg, Larsson, Nesbø, Indriðason, Edwardson et Theorin.

J’avais donc de grandes attentes envers Red Dot, un film que l’on annonçait très noir. Et je n’ai pas été déçu.

L’oeuvre du cinéaste Alain Darborg (qui cosigne également le scénario) raconte l’histoire de Nadja (Nanna Blondell) et Einar (Johannes Kuhnke), deux jeunes Suédois.

Fiancés depuis un an et demi, Nadja et Einar ne vivent pas tout à fait le parfait bonheur. Afin de mettre un peu de piquant dans leur couple, ils décident de passer une fin de semaine dans une région montagneuse du nord de la Suède.

Au menu: ski de fond et nuits à la belle étoile pour observer les aurores boréales.

Ce week-end bucolique se transformera toutefois en cauchemar quand Nadja et Einar se retrouveront pris en chasse par un tueur dans un climat qui n’a rien d’hospitalier…

Tout un suspense

Après une première demi-heure assez banale, Red Dot trouve sa vitesse de croisière et sa raison d’être dans l’heure qui suit.
C’est à ce moment que nos deux héros deviennent des proies et l’intensité pourrait difficilement être plus grande.

Comme dans tout bon film d’horreur, le danger est invisible (en raison du blizzard qui s’abat sur la montagne) et peut donc venir de partout.
Du bon cinéma, donc, dont le décor et les périls ne sont pas sans rappeler le film québécois Jusqu’au déclin, mis en ligne sur Netflix l’an passé.

Red Dot m’a aussi impressionné par le fait c’est la femme, Nadja, une Noire de surcroît, qui est la plus forte, la plus déterminée et la plus débrouillarde du couple. Attribuons cette audace – du moins si on compare à ce qui se fait à Hollywood -, au progressisme qui caractérise les pays scandinaves.

Le film de Darbord démontre toutefois toute sa noirceur dans les quinze dernières minutes. On va de surprise en surprise alors que l’identité du prédateur et ses motivations nous sont révélés dans un enchaînement de scènes où torture psychologique et physique se côtoient.

C’est à la limite du supportable, surtout qu’un des personnages est mis devant un dilemme insoluble. C’est lourd, très lourd… et certainement pas pour les coeurs sensibles.

Le pire – ou le mieux, c’est selon – c’est qu’après notre visionnement et une longue dose de réflexion, on est incapable de totalement condamner le sadisme du prédateur…

Un film noir teinté de gris tourné dans un décor tout blanc. Ces Scandinaves ont vraiment de la suite dans les idées!

(Quatre étoiles sur cinq)

 

Greenland: spectaculaire, mais surtout très humain

Greenland, avec Gerard Butler, Morena Baccarin, est légèrement plus poignant et intelligent que le film catastrophe typique. Il demeure cependant typiquement hollywoodien, pour le meilleur et pour le pire.

Prévue pour juin 2020, la sortie nord-amércaine en salles de Greenland a été repoussée à plusieurs reprises avant d’être annulée.

Le film de Ric Roman Waugh (Angel Has Fallen) a finalement été lancé en location sur demande à la fin octobre, puis sur Amazon Prime il y a quelques jours.

Greenland traite d’une comète, Clarke, et de ses débris, qui se dirigent vers la Terre.

D’abord considérée inoffensive par la communauté scientifique, Clarke s’avère beaucoup plus dangereuse que prévu. En l’espace de quelques heures, des villes comme Miami et Bogota sont rayées de la carte.

Le gouvernement américain active alors un programme d’urgence. Dans le cadre de ce projet, les citoyens considérés essentiels sont invités à se rendre à un aéroport militaire d’où ils seront transportés dans un lieu gardé secret.

Ingénieur en bâtiment, John (Buttler), fait partie des chanceux. En compagnie de sa femme (Baccarin) et de son fils, il se dirige donc vers l’aéroport le plus près.

Rejetés à l’embarquement, les membres de la petite famille doivent trouver un autre moyen pour se mettre en lieu sûr. Et voilà qu’un débris de la comète ayant le potentiel d’engendrer une extinction de masse comme celle qui anéanti les dinosaures se dirige vers l’Europe…

Gros budget, gros coeur

À l’instar des films du genre, Greenland dispose d’un gros budget. Les images sont vibrantes et les scènes mettent en vedette les ravages de la comète sont à couper le souffle.

C’est une oeuvre qui génère beaucoup plus de tension que ses semblables. John et sa famille affrontent en effet de nombreux obstacles et, chaque fois, on retient notre souffle.

Hollywood oblige, le gars des vues intervient beaucoup trop souvent, par contre…

C’est un film qui a beaucoup de coeur. La facilité est au rendez-vous (le couple divorcé qui doit faire fi de ses différents, l’enfant malade), mais tout au long de leur périple, John et les siens doivent prendre des décisions difficiles, ce qui les rend très humains à nos yeux.

C’est enfin un film terrifiant en cette période de pandémie. De voir les «élus» mis en sécurité alors que le reste de la population est condamné à une mort horrible soulève des questions qui sont aussi difficiles que d’actualité.

Il n’est pas ici question d’un chef d’oeuvre. Mais Greenland est assurément le meilleur film catastrophe depuis The Impossible (2012).

(Trois étoiles et demi sur cinq)